Septembre 2000
Les Horloges de Mr. Hatot
Conférence de Marc MEYSKENS
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Il y a quelque temps
vous avez eu l’amabilité d’apprécier ma petite
causerie sur
les horloges de Mr Hatot
.
Mais tout
récemment j’ai eu
l’occasion de trouver des renseignements
plus précis que
ceux
glanés dans diverses conversations avec d‘autres
amateurs d‘horloges
et notamment sur le site
www.worldtempus.com
Voici
donc les faits historiques de cette belle
histoire.
Il était
une fois l‘année
1870.
A vrai
dire le récit commence mal car en 1870 vous le
savez tous, c’est à cette époque que
l’armée française à laquelle il ne
manquait pas un seul bouton de guêtre se fait encercler à Sedan.
Le territoire national
est envahi une fois de plus
et selon l' usage
l‘occupant
s’engage à la quitter moyennant une
indemnité de 3 milliards de francs or.
A sa grande surprise
cette somme est rassemblée
endéans les 48 heures
et le territoire est libère.
Mais revenons
à notre histoire.
Ainsi donc
les trois
milliards on étés
réunis en un clin d'œil
à la grande surprise de l' occupant. Mais
chose inouïe cette dette
aurait pu être
couverte 14 fois
c’étaient
42 milliards de francs
qui était disponibles.
Pour votre information un
Napoléon vaut environ 2.000 BEF
cela fait un total de
42.000.000.000 x 2.000
soit 84.000.000.000.000
quatre vingt quatre mille milliards de
francs.
Ainsi la France
vaincue était encore
fort à l' aise
et ne se privait pas de la montrer en
préparant la grande exposition
(celle de la Tour
Eiffel) et
en embellissant PARIS
inauguration en 1875 de l' Opéra.
Ce devait être un beau
spectacle ces soirées brillantes ou les dames portaient leurs plus beaux bijoux
sans crainte qu’ils ne leur soient enlèves
par un
car jackeur.
C’est dans cette
ambiance que se déroule l‘enfance de Leon
Hatot, né en 1883 à
Châtillon sur Seine,
diplôme de l’Ecole d’Horlogerie et de celle des Beaux Arts de Besançon.
Dès 1905
il fonde un atelier de gravure et de
joaillerie produisant
des montres de haute qualité et occupant une douzaine d‘artisans.
En 1911 il
monte à Paris et
reprend le fond de commerce de la maison
Bredillard ce
qui l‘introduit immédiatement dans le cercle des joaillers de haut niveau.
Mobilisé en 1914 il produit dans son usine des mécanismes d’artillerie et des altimètres mais dès 1919 il reprend la fabrication de montres de grand luxe.
Son industrie connaît une grande activité avec la nouvelle mode des montres bracelets.
Mais son esprit curieux
le mène avec Marius Lavet ingénieur des Arts et métiers et de l’école
supérieure d’électricité (Sup Elec) vers les
débuts de l‘horlogerie électrique.
Rappelons en effet qu'
en 1872
un certain Zenobe Gramme
construit la première dynamo à courant
continu.
Mr Gramme était un
menuisier qui avait
été appelé à Paris par
Louis
Breguet (la famille des horlogers créatrice des horloges
électriques à moteurs pendulaires) pour construire une dynamo pour la maison
Christoffe pour des buts d'
électrolyse.
Vu la réussite du projet cette dynamo fut présentée à
l’exposition de Vienne en 1873 où l’ on s' aperçut
par pur hasard que le phénomène était réversible.
Le moteur électrique de puissance était trouvé donnant au monde industriel une source d'énergie moins contraignante que les transmissions
par courroies et les machines à vapeur.
En 1920 Leon Hatot
fonde une filiale spécialisée dans l’ heure électrique : les pendules Ato sont
un succès .
Les modèles
combinaient une technique nouvelle au look
moderne de l‘époque :
cabinet de marbre, de métal chromé, de marqueterie, ou boîtiers
de verre coulé sortant des ateliers de Lalique.

Parallèlement Leon Hatot
poursuit sa production de montres de luxe et de joaillerie et
confie la direction de ce secteur à Edouard Dietsch qui vient
d’épouser sa fille.
Les bénéfices dégagés par ces activités permettent à Leon Hatot de financer ses recherches sur l’ horlogerie électrique
.
Et ces recherches toujours
menées par Marius Lavet sont couronnées de succès avec la création de la pendule Ato Radiola avec remise à l‘ heure par les ondes.
Cette remise à l’
heure était télécommandée dans un rayon de 200
à 250 kilomètres par un signal émis soit part la tour
Eiffel soit par le poste de Radio France.
En 1980 Junhans
reprendra le même principe
portant le rayon de réception à 2000 kilomètres .
Mais la crise de 1929
frappa de
plein fouet les industries du luxe. La maison Hatot passe cependant au
travers en
développant ses activités d’exportations vers
l’ Italie la Belgique et l’ Allemagne où
il conclut un accord avec la société Junhaus.
C’est aussi durant
cette période troublée que Leon Hatot
invente la montre Rolls à remontage
automatique adapté aux boîtiers rectangulaires en vogue à l’époque.
Ce brevet fut cédé à
la maison BLANCPAIN.
En 1931 il
présent avec succès des pendules de taille plus
petite mettant
en valeur le mouvement qui devient alors le seul élément de décoration l’ habillage traditionnel
étant supprimé .
En 1933 Leon Hato reprend la maison Paul Garnier spécialisée dans la distribution de l’heure et les différents ateliers sont concentrés à la nouvelle adresse du
9 rue Beudan à Paris .
Mais durant la guerre de 1940 Leon Hatot met
un frein volontaire à ses activités
industrielles en refusant
tout net de travailler pour l’occupant et reportant
son effort sur
l' entretien du matériel horloger ferroviaire .
A la libération la
maison connaît de nouveau une activité fébrile
car il faut reconstruire les réseaux horlogers des gares etc. ...
En 1953 elle est
la première à déposer un brevet appliquant l’emploi du transistor dans
l’horlogerie.
Mais par faute de
capitaux pour exploiter ses brevets sur le plan
mondial la maison se résigna à les vendre.
Des millions de montres
et pendules signées L Leroy and Cie
Junghans
Bulova
Jaz
portent la mention LIC ATO
En 1967 la maison Hatot
acquiert la
branche horlogerie électrique de la firme Lepaute
mais hélas si la société s’adapte
aux nouvelles techniques telles que le
quartz comme étalon de mesure
les frais de recherche et de mise au point
ne peuvent s’amortir que sur de petites séries
ce qui n’est pas le cas pour les
importantes fabrications des pays du Sud
Est Asiatique.
Des lors la société se
replie uniquement sur la vente de pendules
d’appartement de marque ATO LEPAUTE ou Ato PAUL GARNIER .
Arriva alors l’ inévitable reflux commercial et l'
activité de cette société se rétrécit comme
une peau de chagrin..
mais sans
remous sans
ameuter les partenaires sociaux
sans vitupérer
les décisions des banques et sans faire de
faillites de convenance.
Dans un tel cas l' on
pense à vendre les bijoux de familles et il en restait en stock assez que pour remplir un épais un catalogue de vente de Christie’s le premier mai 1989.
Evidemment cette vente s’est faite à Genève ville horlogère par excellence
Mr Hatot est mort en 1953, sa vie débordante d’activité a eu une
influence importante et sur
l’ horlogerie et sur
l’Art Deco.
Son esprit créatif et visionnaire a donné
naissance à de nombreuses inventions annonçant
les développements de l' horlogerie du troisième quart du XX siècle.
Outre ses bijoux
horloges et brevets dispersés dans le
monde il
reste 5000 magnifiques dessins gouachés de
montres et de superbes pièces de haute joaillerie dans les archives de la nouvelle Société
Hatot .
Revenons maintenant à ma
manie horlogère pour vous expliquer le pourquoi de mon intérêt envers la maison Hatot, intérêt porté
également vers Lambert, Benzing ,Isghus, Burk,
Solaris, Brillié, Lepaute etc ....
Voilà plusieurs années j' ai trouvé aux puces un boîtier de belle facture avec balancier
et micro portant
la marque ATO RADIOLA .

Intrigué
par ce mécanisme j'
ai questionné de nombreux horlogers mais
sans succès.
Comme
l’émission Antique Road Show de la BBC
enregistrait une émission en Belgique
j’ai présenté l’ objet
en
question
et l’ expert ma conseillé de m ‘adresser à
la maison Ato.
Avec
courtoisie la
maison Hatot m ‘a répondu que l’ objet en question était
un exemplaire de l' horloge réceptrice avec
remise à l’heure
fabriqué si
je me souviens du
chiffre à une centaines d’ exemplaires.
Par
la suite j’ai découvert
que le détail du mécanisme était
expliqué en long et en large dans le livre «Pendules
électriques de Granier» page 129.
Enfin
lors d’un passage à Paris
le responsable de la firme a consacré
une partie de son temps
m‘ a montré plusieurs modèles des premières
horloges électriques
construites par la firme.
J‘en rêve encore.
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