11 Février
2002 L'heure H...
Conférence de Marc MEYSKENS
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L’heure
H….
Comme
vous le savez tous
l’heure H
désigne une heure précise connue en principe
des initiés en
fonction de laquelle
se règlent des
actions antérieures ou postérieures?
Cette
expression fut utilisée
pour la première fois
durant la première guerre mondiale
pour coordonner les assauts meurtriers de
la guerre de tranchées.
|

|
Un
horloger
eut le bon goût d’utiliser
cette fonction comme argument de vente et en voici
le résultat. Si
cette affiche était bien dans l'esprit de
l’époque ce
soldat son
habillement sa position font
actuellement sourire
et je vous laisse deviner
ce qu’il tient dans sa main droite
est ce un projectile
ou une montre ou tout simplement un flacon
ayant contenu du gros rouge?
|
Au
risque de me faire taxer d’irrévérence
je ne puis m’empêcher
de vous montrer cette
autre image.
Mais
que faisait le soldat
auparavant me
demanderez vous?
En 1481 LOUIS
XI avait une horloge sonnante pour l’accompagner
par tous les lieux ou il allait. Mais
les lansquenets helvétiques n’avaient à Marignan en 1415 que
des
coqs qui
faisaient office
de réveil matin.
Les
officiers eurent
des montres dès le 18eme siècle.
Souvenez-vous que dans les
Misérables Thenardier déleste le Cuirassé Pontmercy bléssé à Waterloo de sa montre et de sa
bourse et que dans le
Waterloo d’Erckman-Chatrian le père Goulden horloger à Phalsbourg accepte en gage d’un colonel de la garde en
demi-solde la
montre que ce dernier
avait reçu du prince Eugène.
Cette
montre était en or
à double bassin et sonnerie elle
marquait les secondes et se remontait tous les huit jours. Elle valait plus de mille francs. C’était sûrement une Bréguet.
Pour
l’amiral Clowdisley Shovel
en cette nuit sombre du 22 octobre 1707 l’heure H approchait mais il ne le savait
pas..
Son
but était de rentrer au pays
à la tête du corps expéditionnaire qu’il avait conduit à la victoire dans
la bataille de Gibraltar et qui allait maintenir ce rocher encore quelques années sous la bannière
britannique.
Se
sachant proche des côtes il réunit ses pilotes qui unanimement localisèrent
la flotte loin
à l’ouest d’Ouessant tous sauf
un subalterne qui plaçait la flotte à
proximité des îles Scilly près des cotes anglaises
cette outrecuidance lui coûtât la vie car
il fut pendu sur-le-champ.
Hélas cet homme avait raison
et en moins de temps qu’il ne faut pour
l’écrire l’ASSOCIATION navire amiral, l’
EAGLE et
le ROMEY s’éventrèrent sur les rochers et coulèrent
à pic avec
2.000 marins et hommes de troupe. C’était le 22 octobre
1707.
L'amiral
par chance fut recueilli par une insulaire qui tomba immédiatement amoureuse……..
de la splendide
émeraude qu’il portait à la main et elle le tua tout net
pour s’en emparer. 30 ans plus tard elle avoua cependant son crime à un pasteur et lui remit
la bague.
Le
manque de méthode fiable pour trouver sa position avait fait de
nouvelles victimes.
D’ailleurs tout le monde était résigné à cela
car découvrir la longitude était synonyme d’impossible et
Jonathan Swift
fait dire à son héros le capitaine Lemuel Gulliver rêvant
de devenir un immortel Struldbrugg : «je me réjouirais
de pouvoir observer
éternellement les mouvements des comètes et la découverte de la longitude du mouvement perpétuel et de
la panacée ce
médicament universel».
Parlons un peu technique.
Vous
savez que sur les cartes la position d’un point
est donné par ses coordonnées longitude et latitude.
Longitude
et latitude nous
ramènent l
an 151 avant JC à Alexandrie lorsque le géographe Claude Ptolemée utilisa ces notions dans son ouvrage «Géographie»
Rappelons-les :
La
latitude est le distance d’un point à l’équateur qui est donc le
premier parallèle placé là à juste titre par Ptolemée.
La
longitude est à distance d'un point par rapport
à un méridien de référence.
Selon
les époques ce dernier fut placé
aux Acores
aux Canaries à
Rome Jérusalem
Paris pour être fixé pour toujours à
Greenwich en 1884 La France
utilisant celui de Paris jusqu’en
1911.
Ptlolemée
avait donné les coordonnées de chaque
site important de son époque
mais donner des coordonnées ne voulait pas
dire que cela était précis loin s’en fallait et surtout sur la mer.
Nous
n’étions pas
encore à l’époque où
la connaissance de sa position se résumait
à ces
quelques données. Il s’agit en fait de la seule leçon de
navigation reçue
par Alain Bombard
pour traverser l’Atlantique
dans les années 50.
Aussi
les navigateurs aidés bien souvent de pilote
devaient soutenir une attention de tout
moment car
ils ne connaissaient pas leur position avec précision.
Leur
survie impliquait :
Soit
une navigation
en vue des côtes au moyen de portulans
donnant les détails des côtes
les points
remarquables.
Soit
pour la navigation en pleine mer l‘usage
de carnets de pilotes
résumés de notes prises par les pilotes
ayant réussi de longs voyages.
Au
point de vue technique
bâton de Jacob
l’astrolable et autres engins étaient utilisés mais sans garantie d’exactitude.
Vers
1700 il y avait deux écoles :
La
première fixait la
position par l'observation des étoiles
cela impliquait :
Une
connaissance parfaite
des positons des étoiles
ce qui demandait l’établissement de
tables de position des étoiles.
Ce
fut pour cela que furent crées les observatoires
de Greenwich et
Paris dont
le but premier était de trouver dans le ciel une
aide pour la navigation.
Disons
que la rectification des cartes
terrestres
sur ces nouvelles bases ne furent pas du
tout du goût de Louis XIV qui déclarait
que les astronomes lui avaient enlevé plus
de terres qu’une bataille perdue.
Disons
tout de suite qu’actuellement le système GPS
(mis en route en 1986 par le ministère
de la guerre américain et prêté gratuitement à tous les
utilisateurs) utilise ce principe en se basant sur des étoiles
fixes qui
sont en
fait une
trentaine de satellites artificiels.
Notons
qu’une confiance absolue
doit être accordée au pays qui contrôle ces points de référence
et ce n’est peut être pas à tort que
l'Europe envisage de créer le réseau
Galilée.
Par
contre la
seconde méthode
plus logique était de comparer la différence
de temps entre le midi
de l'endroit ou se trouvait le navire avec
celui du méridien de référence.
Comme
la terre tourne de 360° sur 24h ou
1440 minutes ou 86400
secondes!
Sur
l’équateur donc :
1
heure équivaut à
15° ou 1666
km
1
minute à 0.25°
ou 27766 mètres
Cette
méthode pouvait-elle
s’appliquer avec des montres
errant dans les meilleurs cas d’une
minute par jour non
car il fallait
une montre précise et fidèle car
un degré sur l’équateur donne une
distance énorme de
110 km dans
la Manche
une erreur de 70 kilomètres
et plusieurs peuvent amener à une catastrophe.
L'usage du temps était donc parfait
mais pourquoi en rêver
alors que les meilleures montres de l'époque
ne donnaient
aucune satisfaction.
Notons
que diverses solutions
farfelues furent proposées
telles que l’ancrage
en pleine mer de navire
balise se signalant par des fusées ou des tirs de
canon mais
la meilleure est celle de l horloge vivante préconisée
par sir Kenelm Digby
et permettez-moi de vous la décrire en
quelques mots contrairement à Umberto Eco
qui lui consacre un livre entier.
Sir Kenelm Digby prétendait avoir trouvé une
poudre curative qui n’avait pas besoin de s’appliquer
sur les blessures mais bien
sur leur cause (couteau épée) ou
pansements.
Mais
comme cette poudre était des plus actives
une application excessive
causait des douleurs indicibles.
Vous
aurez donc compris la méthode :
Emportez
un chien blessé dans un navire
et chaque jour à midi pile
plongez son pansement
resté au port dans la fameuse poudre.
Le chien gémira
sur le navire qui aura ainsi l’heure
exacte.
Cela
fait sourire mais le top horaire
est du même principe.
L’auteur
s’excusant de la cruauté de cette méthode
en disant que ce n’était pas mieux
que d’aveugler les pilotes en les faisant
viser le soleil sans protection.
Quoiqu’il
en soit les
marins même les plus célèbres
devaient avoir
beaucoup d’expérience et de chance et
les autres périssaient.
Auss
dès 1598 Philippe II d’Espagne
promettait une récompense de 100.000écus, en Hollande
une
promesse similaire fut faite
en 1606
Mais
suite à ce désastre, la reine Anne
signa le 8 juillet 1714 le
«LONGITUDE ACT» promettant :
20.000
LIVRES pour
déterminer la longitude avec une précision
d’un demi-degrés
15.000
livres si la précision
atteignait 3/ 4 de degrés
et
1000
livres pour une précision
d'un degré (soit 110
km sur l'équateur) Bref un
pactole
Notez
bien que le conseil ne demandait pas
une précision extrême
mais se
contentait de toute
et disons bien toute méthode
pratique et utile
retenons bien ces mots. Tant était grand
le besoin de
la marine de pouvoir trouver sa position
en mer.
Le
conseil de la longitude
se composait de scientifiques
d'officiers de marine et membres du
gouvernement de
l'astronome royal le président de la société royale le premier lord de l'amirauté
le
président de la chambre des communes le premier
commissaire de la marine
et des professeurs de mathématiques des
universités d'Oxford et de Cambridge.
| Immédiatement
le conseil fut assailli de propositions
mais jamais de solutions.
Jusqu’au
jour où John Harrison
s’adressa
au conseil.
Né
en 1693, fils aîné de 5 enfants
il aide son père qui était menuisier
et en 1713 il construit
sa première horloge Pourquoi est-il passe
de la menuiserie à l horlogerie reste
un mystère.
|

|
En
1720 il
construisit une horloge de tour
dans le château de
BROCKLESBY PARK ou elle fonctionne toujours et puis avec le concours de son frère deux
horloges de parquets
utilisant deux innovations :
Le
balancier avec compensation de dilatation, et
l’échappement
dit «sauterelle»
composé de deux grands balanciers montés
sur des roues antifriction.
|

|
Et
comme ces horloges
testées contre les mouvements des astres
n’erraient que d’une seconde sur un
mois alors
que les
autres horloges erraient
d’une minute par jour
il pensa pourvoir
concourir pour le prix de la longitude.
Comment
John Harrison apprit-il
l'existence de ce prix nul ne le sait?
Peut
être parce qu'il habitait près de la mer
ou simplement
par la rumeur tout comme de nos jours
tout le monde sait que l'on recherche un
remède contre le cancer et le sida.
Toujours
est-il qu'il se rend à Londres
en 1730 pour y rencontrer le conseil.
Mais
ce dernier bien
qu'en activité depuis
15 ans
n'avait ni siège ni lieu de réunion.
Car
les propositions qu’on lui faisait
étaient si médiocres
qu 'un seul secrétaire se bornait à envoyer des
lettres de refus aux candidats aucune réunion de plus de 5 membres ne se tenait.
Par
chance Harrison connaissait le nom
d’un des membres
Edmond Halley,
l’homme de la comète
et il se rendit à l’observatoire.
Halley
qui travaillait sur une méthode des
longitudes basée sur la lune
eut assez d’ouverture d’esprit
pour diriger
Harrison vers un horloger très connu George Graham
au lieu de le présenter
au conseil composé de mathématiciens,
astronomes et marins
obnubilés par une solution
astrologique du problème et qui
en aurait fait une bouchée.
Ainsi
donc John Harrison
arriva à 10 heures
au domicile de George Graham
et à 8 heures du soir ils parlaient encore
boutique.
|
De
plus Graham meilleur fabricant d’instruments scientifiques de l époque
et membre
de la société Royale invita ce charpentier de
village à souper.
Après
le repas John Harrison rentra chez lui avec de chaleureux encouragements
à construire son horloge et ….un prêt généreux
à faible intérêt
à rembourser à loisir.George Graham avait
gagné son surnom d’honnète pour toujours.
|

|
Durant
les 5 années suivantes John Harrison
bâtit sa première horloge connue sous le
nom de H l.
Faite
en cuivre brillant
avec des axes et leviers se croisant à
angles aigus
elle était
impressionnante
et totalement différente des horloges habituelles mais elle avait
des cadrans
un pour les heures
l'autre pour les minutes le troisième pour
les secondes et le dernier pour les mois
Son
poids était
de 33 Kilos
sans compter
la cage de protection
en bois montée à cardans.
En
1735 elle
fut confiée à Graham
qui la présenta à la société Royale (et non au conseil de la longitude)
qui lui fit un accueil enthousiaste.
|
Cependant
l'Amirauté poireauta encore un an avant de la
tester sur un voyage vers Lisbonne et retour.
Si
l horloge se comporta bien il n'en fut pas de même
de John Harrison qui fut continuellement malade.
Près
des cotes anglaises le pilote
se croyait près de Dartmouth mais
Harrison grâce
à son
horloge avait
calculé que la terre en vue était le Lézard ( soixante miles d’écart ) et il avait raison.
La
H1 fut
enfin présenté au conseil qui était prêt à lui accorder le prix mais Harrison au lieu de se rallier à l'optimisme
général mit en relief les points faibles de l'horloge et se proposa de construire une seconde horloge améliorée.
Pour
ce faire il sollicitait 500 livres dont 250 lui
furent versées immédiatement
le solde payable
à la livraison.
|

|
En
1741 Harrison
présenta la
H2 au
conseil
Mais
de nouveau il ne se déclara
pas satisfait.
Et
mis la H3 en chantier
et ce durant
19 ans
|
| Entre-temps de par ses contacts avec divers artisans de
Londres il
se
fit faire par John
Jefferys une montre de poche selon
ses spécifications
propres à savoir l'emploi de deux métaux
pour vaincre les dilations due
aux différences de température et
un remontoir spécial sans influence sur la
marche du mécanisme
(alors que les montres de l’époque
s’arrêtaient ou même
reculaient lors du remontage.)
Une
fois en possession de cette montre Harrison
changea encore une fois
sa vison d une montre de mer
et se mit à construire son chef d’œuvre
la H
4.
|

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|

|
Disons que ce fut une réussite
utilisant des rubis
pour les paliers et des diamants
taillés en forme de cycloïde
pour l’échappement
H4
fut présenté bureau de la longitude
en 1760 et son fils William
s’embarqua enfin
sur le Depford
avec objectif la Jamaïque.
Dès
le début du
voyage l'eau
conservée
dans les tonneaux surit et devient réellement
impropre à la consommation mais comme toute la bière avait déjà à
été bue l‘équipage s’agitait fortement
car selon le pilote on était encore loin
de la prochaine escale
|
Cependant
William Harrison informa le capitaine que selon ses calculs
on était seulement à un jour de Madère.
Comme
cela se vérifia le capitaine
Digges
fit part publiquement de sa promesse d’acheter le premier chronomètre
qu’Harrison mettrait sur le marché?
Au
retour l’H 4 retardait de 4 secondes sur
81 jours de mer.
En
principe le prix des 20.000 livres aurait du être versé à
John Harrison mais …
En
effet il y avait un mais et de grande taille en la
personne de Nevil
Maskelyne partisan farouche de
la méthode
des distances lunaires.
Cette
méthode demandait :
Un
moyen d'observer les distances lunaires
Une
montre tenant bien le temps durant 18 petites heures
Une
table des distances lunaires
Une
méthode de corriger les effets de réfraction et
de parallaxe.
Cependant
chaque opération nécessitait
au moins 4 observateurs
pour éviter les erreurs aléatoires
par l’établissement de résultats moyens puis les
extrapoler pour une observation au centre de la terre.
Seul mathématicien
averti aidé
des logarithmes pouvait arriver au résultat après 4
heures de calculs.
Les
choses se compliquèrent encore lorsque Maskelyne
devient président du conseil de la longitude.
Vous
comprenez bien qu’il considérait
Harrison comme un trouble fête. Quoi ce menuisier
de village qui
contrait ses méthodes scientifiques
des distances lunaires
avec de simples boites mécaniques.
Dès
lors de
nouvelles épreuves furent demandées à Harrison :
Nouvel
essai en 1764 vers la Barbade
résultat 15 secondes de retards sur
5 mois de navigation
Obligation
pour Harrison de démonter sa
H4 devant une assemblée de spécialistes.

Ce
qu'il fit durant 6 jours
Publication
des notes ce
qui fut
fait au
profit d’autres horlogers
anglais et étrangers
|

|
Remise
de toutes ses horloges au bureau des longitudes et construction
des deux montres supplémentaires
Notons
que le
transport des
horloges vers l'observatoire
se fit sur réquisition d’huissier
et par
des mains inexpertes
qui laissèrent tomber la H1 sur le sol
par accident bien sur.
Harrison
commença la construction de la
H5 ce qui lui pris 3 ans
plus deux pour le réglage.
Cette dernière fut testée par le roi
George III qui tout comme Louis XVI était
horloger amateur.
A
l'initiative du roi George III
le cas
Harrison fut porte devant le Parlement qui lui paya
8750livres.
Le
conseil de la longitude ne paya rien. L'astronome Maskelyne avait sauvé sa face.
|
Harrison
passa le 24 mars
1776 âgé de 83 ans.

Il
n’y aura donc jamais de H6.
Le
conseil de la longitude fondé en
1714 fut dissout en 1828
après avoir dispensé plus de 100.000
livres.
Ainsi
donc après
cette réussite de nombreux horlogers suivirent le mouvement.
En
France Pierre Le Roy
et Ferninand Berthoud
produisirent des montres marines certes
perfectionnées mais n’approchant pas la qualité
de celle d’Harrison.
Mais
ces dernières
ne pouvaient être reproduites rapidement
à prix décent.
Lorsque
Kendall copia la H4 pour faire la K1
il reçut 500 livres pour 2 ans et demi de
travail puis il produisit la K2
pour 200 livres et la K3 pour 100livres
mais il déclina la proposition
d’en produire d’autres
dans ces conditions de rémunération. Et
les tables lunaires
et le sextant coûtaient 20 livres.
En
Angleterre un horloger Thomas Mudge
apprenti chez Graham
construisit une montre en
1774 avec
les principes d’Harrison
puis deux autres
en 1777 (la bleue et la
verte).
|

Lors
des essais à Greenwich
Nevil Masskely
toujours lui
arrêtât par un mauvais maniement la marche d'une
horloge et le
même mois cassa par hasard le ressort de l'autre.
|

|
Bien
qu’Harrison ne construisit
que 5 chronomètres Kendall 3 et Mudge 3 la demande ne pouvait être
satisfaire dans de
telles conditions.
Mais
l'horloger John Arnold
en produisit
plusieurs centaines de grande qualité car
il sous-traitait les pièces courantes se réservant le réglage fin.
Le
concurrent d’Arnold
ne fut pas le fils de Mudge qui construisit 30 pales imitations du
chronomètre conçu par son père mais bien
Thomas Earnshaw.
Earnshaw
eut le mérite de faire du chronomètre
non plus une fabrication spéciale mais un
bien de grande consommation produit en série. Il avait surtout simplifié
les solutions proposées par Harrison.
En
deux mois il produisait
une montre correcte
commercialisable rapidement.
De
plus il conçut
un échappement à détente
ressort qui supprimait toute cause de friction et
le porta à un tel degrés de perfection que
celui actuellement employé est en grandes lignes
semblables au sien.
Résultat
en 1780 un chronos d‘Arnold coûtait 82 livres
Un
chronos d‘Earshaw
65

Et
l'usage des
chronos en mer se développa
pour atteindre 5000 instruments en 1815
Que
sont devenues les horloges de M.
John Harrison?
Après
leur brusque déménagement
le 23 mai 1766 elles furent stockées
inactives dans une pièce humide jusqu’en
1836 ou un associé de la maison
Arnold J Dent s’offrit
à les nettoyer
gratuitement et il les replaça bien propres dans leur
boîtier ou elles recommencèrent à s ‘oxyder.
En
1920 le lieutenant commandant RUPERT
T GOULD
de la Royal Navy s’intéressa à ces
horloges.
Cet
homme était
si apitoyé par l'aspect misérable des mécanismes
qu’il s offrit à les nettoyer
et c’est ce qu’il fit durant 12 ans et
gratuitement sans avoir aucune connaissance horlogère.
Contrairement
à Dent qui amputa les pièces brisées pour les
rendre plus nettes Gould remit tout en état
remplaçant les pièces manquantes.
Pour
ce faire il remplit plus de 18 cahiers
de dessins et de texte
plus logique
et plus détaillé que ne l‘avait jamais fait
Harrison.
Par
exemple le remplacement de l'échappement de la
H3 durait 8 heures
et il dut le faire plus de
quarante fois.
Quant
à la H 4 il passa 4 jours a découvrir la méthode
pour ôter les aiguilles.
Il
croyait même qu’elles étaient soudées à l‘axe.
Bref
le premier février
1933 à 4 heures de l’après midi
après avoir ajusté les
petits contrepoids sur le balancier,
opération
qui équivalait à enfiler une aiguille
fichée à l’arrière du camion que vous
poursuivait en vélo la n°1
fonctionnait après un repos de 165 ans.
Chaque
matin avant
l’arrivée des visiteurs
le curateur
du musée maritime de Greenwich
remonte les horloges car les
H1 H2 ET H 3 fonctionnent toujours
Mais
la H 4 entourée de la K1 et de l K2
sont arrêtées pour toujours
car pour fonctionner elles devraient
être huilées donc nettoyées chaque 3 ans et les risques de casse
potentiels sont trop grands pour ces
pièces uniques.
Et
maintenant tout comme lorsque vous utilisez
un diesel vous pensez à Rudolf
Diesel ou que vous vous inquietez du voltage
d’un appareil ou mangez des cuisses de
grenouilles vous pensez à Volta
j’espère que lorsque que vous utiliserez
le mot heure avec un grand H
vous aurez
une pensée pour John Harrison qu’il l
me plait de croire
membre du club
très fermé
des indispensables
inconnus qui ont rendu notre vie plus aisée
Et
se rencontre dans ce club notamment Charles
Nicolas Appert Né à Chalons sur Marne
où son père était aubergiste. Il y
apprend le métier de cuisinier-confiseur.
En
1774 il quitte sa ville natale et s’installe à
Paris et y commence ses recherches sur la
conservation des aliments
Politiquement engagé il est emprisonné
sous la Terreur.
En
1795 son procédé et au point et il approvisionne
la marine dont les équipages apprécient ces
vivres qui leur évitent le scorbut. En 1810 le
gouvernement de l’époque lui propose 12.000
francs s’il divulgue son secret. C’est ce
qu’il fait en publiant « le livre de tous
les ménages » Il investit son prix dans son
usine mais il est ruiné par la guerre de 1815.
Cependant
il continue ses recherches et invente également
le bouillon en tablettes. Il meurt à 92 ans
pauvre et solitaire.
Précisons
qu’il avait pressenti l’existence des bactéries
et autres germes qui attaquaient les aliments et
introduit la notion de stérilisation par la
chaleur bien avant les découvertes révolutionnaires
de Louis PASTEUR EN 1850
infirmant la soi disant théorie de la génération spontanée. Quelle aide
pour la médecine si les chirurgiens barbiers de l'époque
avaient compris qu‘ils devaient
nettoyer leurs instruments avec la même méthode
au lieu des les replacer à peine lavé
dans leurs merveilleux étuis capitonnes de
velours rouge tels que
nous voyons maintenant
dans les musées.
Précisons
également que NICOLAS Appert emballait ses
aliments dans des bocaux recouverts de liège. La
boîte de conserve métallique fût crée par
Bryan Donkin et John Hall en
1812
Citons
aussi l’allemand Justus von LIEBIG 1803-12873
chimiste de génie qui a établi la théorie des
cycles du carbone et de l’azote dans la nature
et découvert le chloroforme.
Il
fabriqua les premiers extraits de viande et donna
son nom à la première entreprise de concentrés
du monde la LIEBIG S EXTRACT OF MEAT COMPANY crée
en 1865.
Barthelemy
Thimonier qui en 1830 inventa la première machine
à coudre fonctionnant de
manière
Régulière
et pratique Evidemment
il rencontra l'opposition violent des travailleurs.
Heureusement en 1845
associé à
M. Mangin il déposant un
brevet pour une nouvelle machine
exécutant 200 points à la minute. Disons
tout de suite qu’il mourut ruiné en 1857.
Ce
fut Singer qui
en 1851 construisit la première machine à usage
domestique.
Eli
Whitney un professeur qui inventa en 1793 la
machine à égrener le coton.
John
Bardeen Walter
Brattain William Shockley
qui en 1947
inventèrent le transistor.
Maintenant
si ce
sujet vous a plut n’hésitez pas à vous arrêter lorsque
vous passerez en voiture près de Greenwich
de préférence à 13 lorsque la boule
rouge descend du mat
pour visiter le musée de la marine puis
visiter aussi a Guidhall le
petit musée
de l’association des horlogers ou vous
pourrez voir
de vos yeux
les horloges de l’homme qui a découvert la longitude.

Maintenant
passons aux aveux.
Les
données et illustrations de cette causerie sont extraites
principalement de :
L'heure qu’il est de Davis S Landes.
It’s
about time de Paul Chamberlain
L’invention
du temps de la cité des sciences de la Vilette.
L’île
du jour d’avant d’U
Eco.
The worlds great
clocks and watches de Cedric Jarger .
L’horlogerie
une tradition hélvetique.
Et
le roman LONGITUDE
de Dava Sobel
et surtout le
film de la
BBC du
même nom.
M
Meyskens 11.02.2002
|