9
décembre
2002 Excellentes Excellences
Conférence de Marc MEYSKENS
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Excellentes Excellences .
Tout
dernièrement,
la presse
rapportait
le comportement curieux
de M.Berlusconi,
premier ministre d’Italie.
Ce
n’était, cette
fois-ci, ni une liaison avec une sulfureuse
vedette, ni la découverte, si commune, d
’une fille naturelle.
Non !
Selon la presse,
c’était plus grave …
M.
Berlusconi présentait,
puis offrait à ses invités, afin qu’ils en
usent à leur guise, de jolies, attirantes et
désirables….
montres- bracelets.
Cependant
cette pratique, quoique critiquable
par des esprits rigoristes,
fait partie
intégrante, et ce depuis toujours, de
l’art diplomatique.
Résumons
cette longue
histoire dans
laquelle l’horlogerie tient, nous le verrons , une part
plus qu’importante.
La
diplomatie a
été créée
pour éviter
aux grands
de ce monde de perdre
leur dignité ou, comme disaient Wotton
Henry ( 1568-1639 ,
diplomate et poète) et Chamberlain :
« Un ambassadeur est un homme honnête que
l’on envoie mentir à l’étranger pour le bien
de son pays » . Aussi,
ce sont les
ambassadeurs qui les représentent.
En principe,
ces derniers
se doivent d’être éloquents, instruits,
éduqués, doivent
connaître l’histoire, la philosophie,
la
politique, le
droit civil et international
et les langues étrangères.
De
plus, des aptitudes
à l’escrime, la natation, la danse, l’équitation,
ne sont pas à négliger.
Le
rôle des ambassadeurs
et des diplomates
est important car, comme écrivait Philippe
de Commines : « Ils font
de meilleur travail que les hommes
d’armes ».
C’est
surtout la République de Venise ( ou « La
Sérénissime ») qui a vite compris
l’utilité des missions établies.
Ces
dernières permettaient
en effet
aux ambassadeurs, qui sont
en fait des espions,
de susciter
des intrigues et des cabales
pour le profit de leur maître, voire de
corrompre les ministres du pays visité.
Mais
sans aller jusque là,
il est
bien évident que l’un ou
l’autre présent
distribué à bon escient
a dû
ouvrir plus d’une porte
ou infléchir plus d’une décision.
Ainsi
donc un
code des cadeaux
s’est-il établi.
Bien
souvent, les
présents provenaient
du pays de l’ambassadeur : armes,
animaux rares, pierres précieuses.
Bien heureux était ,
par exemple
,l’ambassadeur du vice-roi du Brésil
qui pouvait offrir
une pépite d’or de plusieurs kilos au Roi du Portugal. Par contre, l’ambassadeur d’Ethiopie, qui présenta à la
cour d’Autriche
une paire de défenses d’éléphant,
certes de taille
impressionnante
, fut certainement moins écouté,
car son présent est toujours
conservé
dans son emballage d’origine, comme il fut exposé
lors d’une exposition Europalia à
Bruxelles.
Les
papes avaient
la chance de
pouvoir offrir des reliques de saints.
Bref,
vous avez compris que
ces présents
ne pouvaient en aucun cas être
de l’argent monnayé; mais
une échelle des valeurs
existait :
Un
tel nonce recevait
une argenterie
de 10.000
livres.
Un
ambassadeur offrait
une tabatière
au maître des cérémonies. Un autre
recevait le
portrait du souverain,
mais entouré de diamants et de pierres
pour une valeur adaptée à son rang .
Ne
pas donner de cadeaux
était
impensable,
mais par
contre les ambassadeurs des Provinces
-Unies ne
pouvaient pas
en recevoir , sous peine d’infamie.
Voyons
maintenant
quand et comment l’horlogerie a contribué à la bonne entente des nations.
Pour
l’histoire, en l’an 494, Théodoric, fondateur d’un empire italien , adressa
au roi des Burgondes
deux clepsydres renseignant le cours des
heures et
du soleil.
Bon
prince, il ajouta
deux « physiciens » chargés de
l’entretien.
Au
VIII siècle, le pape
fit présent d’un cadeau similaire à Pépin
le Bref.
cheveux
dénoués fit
un tel scandale
en Turquie que l’expédition
dut s’enfuir en Grèce, où
Fabre mourut.
Contre
toute attente, Marie Petit prit alors la tête de
la mission. Impressionné par cette attitude,
le shah Hussein ne voulut recevoir
qu’elle.
Elle
prépara donc
avec succès la voie à une seconde
ambassade qui, cette fois, apportait au Shah
diverses mécaniques dont :
-un
planétaire annonçant les éclipses du soleil et
de la lune.
-un
autre destiné à montrer les mouvements d’étoiles.
-une
horloge à sonnerie
compliquée, dans un boîtier
de marqueterie Boulle.
Ainsi
donc le shah
possédait
de belles collections d’horloges, qui
furent transportées plus tard
dans la nouvelle capitale , Téhéran ,
où Pierre Loti
eut l’occasion
de les admirer.
Mais
que sont-elles devenues ?
Le
pays qui
fut la cible privilégiée des ambassadeurs
et de leurs attentions horlogères fut
l’ Empire du Milieu.
En
fait, l’attrait
de l’Orient existait déjà du
temps d’Innocent IV
et de Saint Louis,
qui avaient envoyé des ambassadeurs auprès
des grands Khans de Tartarie où se trouvaient
parfois plus de 4000 ambassadeurs, tous porteurs de riches présents.
Pour
la Chine, il fallut attendre
que les Portugais, établis à Macao en
1578,
puissent établir des relations
commerciales suivies avec la ville voisine de CANTON.
Dans
la foulée, les Jésuites et la Compagnie de Jésus commencèrent leur activité
apostolique.
Et
pour cela, il fallait en imposer aux Chinois dans
des domaines qui ne leur étaient pas particulièrement
familiers :
les mathématiques, l’astronomie, la
cosmographie, la géographie et aussi
l’horlogerie.
Pour ce faire, les Jésuites avaient formé un élément de
premier
ordre : le Père Matteo Ricci.
Né
en 1552 à
Macerata dans les Etats Pontificaux , il a la
chance d’entrer dans une des premières écoles
de Jésuites.
Puis
il entre au Collège de la Sagesse à Rome pour y
apprendre le droit ;
mais bien vite,
soit par vocation, soit par attirance, il
entre au Collège romain de formation des Jésuites pour y suivre des études classiques ; rhétorique,
dialectique, grec, hébreu,
théologie scolastique
basée sur la Somme de Thomas d’Aquin,
la philosophie selon Aristote, la
dogmatique issue du concile de Trente.
Parmi
ses professeurs se trouve le jésuite mathématicien
Christopher Clavius, en fait le véritable père
du calendrier grégorien.
Le
cours de mathématique
( 45 minutes
par jour ) incluait déjà la trigonométrie,
la mécanique, l’algèbre.
La
musique, qui n’était pas oubliée, était
enseignée par Palestrina.
La
géométrie était basée sur les 4 livres
d’Euclide.
En
plus étaient
enseignés :
La
cosmographie, l’étude de l’astrolabe, les
calculs des mouvements planétaires,
l’astronomie, l’astrologie et 35 heures de cours de construction horlogère.
Cet
enseignement
était pratique
et incluait
le maniement
des cadrans solaires, horloges mécaniques,
bâton de Jacob, globe cosmographique,
sphère armillaire, astrolabe, bref tout ce qui permettait de calculer les
positions et les mouvements des astres dans les
deux hémisphères.
Enfin,
il suivit
un cours de l’art de la controverse
donné par Robert Bellarmin,
cardinal renommé lors de l’affaire Galilée.
Ricci
y excellera, tant par sa vivacité d’esprit que
par sa prodigieuse mémoire.
Vous
voyez que sa préparation ne laissait rien au hasard, tout comme dans les années
trente les ingénieurs commerciaux de Warocqué,
destinés aux pays d’outre-mer,
étaient
initiés
au travail du bois, à l’équitation
et au maniement des armes.Il faut dire que
le recteur de l’époque , Mr. Jottrand ( ou
« le Bouddha », pour les étudiants
) en savait quelque chose, après
avoir été pendant plusieurs années
conseiller extraordinaire après du roi du
Siam .
Enfin,
Ricci part pour Coïmbra pour y apprendre le portugais.
Au mois de
mars 1578, il s’embarque sur
une massive caraque noire, le
« Boa viajeur »,
pour arriver à Goa le 13 septembre 1578.
Les
conditions de transport étaient plus qu’épouvantables.
Les navires comptaient
jusqu’à 500 passagers.
Et
sur 245
Jésuites envoyés
d’Europe en Chine
entre 1581 et 1712 , 127 sont morts de
maladie ou de naufrage « in via ».
Ricci
séjourne à Goa jusqu’en 1582, puis part
enfin
vers la Chine du Sud.
Et grâce à son sens de la diplomatie,
ses divers cadeaux ( dont des horloges)
aux gouverneurs, mandarins, eunuques,
ses traductions en chinois des livres
’Euclide, il
arrive le 24 janvier 1601
à Pékin, après une
attente de 21 années.
Son
ambassade est
reçue dans les quartiers des mathématiciens,
à l’intérieur de la Cité Interdite.
Enfin,
l’Empereur ,à qui les eunuques avaient présenté
les cadeaux, dont
une petite horloge de table et une grande
horloge de tour,
fut conquis
et l’ambassade fut enfin autorisée
à entrer dans la Salle des Ambassadeurs
dans le
Palais
de l’Harmonie Suprême.
Fléchissant
les genoux,
ils se prosternèrent
neuf fois en présentant les cadeaux ,
devant un trône vide :ils ne verront
donc jamais Wan Li , le vieil
empereur.
Bien
vite, Ricci mit
la grande horloge au goût
chinois, en divisant le cadran en 12 au
lieu de 24 ,donc en modifiant un train
d’engrenages. Geste important
et apprécié des lettrés , car
le jour chinois est divisé en douze parts
commençant à minuit : ce sont les « heures »
du rat, du bœuf, du tigre, du lièvre, du dragon,
du serpent, du cheval, du mouton, du singe, du
coq, du chien et du sanglier.
Il
construisit de nombreux cadrans solaires
exacts, car
il savait que la distance d’un lieu au pôle
varie, alors
que les Chinois
considéraient la latitude comme fixe.
Il
acheta une maison près
du palais,
car l’empereur
lui en
avait autorisé l’entrée
pour l’entretien des
mécanismes.
Appelé
dès ce moment « Le sage venu d’Occident »
ou « Si Tai »
puis « Li Matou »
ou « Shen Ling Ch’iao » (
c’est-à- dire « Le divin merveilleux
mécanicien »), ou « Sifu »,
(« le maître ») , il
enseigna les mathématiques , la géographie etc.
Il
laissa pousser cheveux et barbe,
porta l’habit de soie rouge des lettrés
confucéens, ou celui des mandarins
et se fit porter en palanquin.

Il
mourut le 11 mai
1610 , à l’âge de 59 ans,
et eut le privilège de pouvoir être
enterré le
premier en terre chinoise,
dans le cimetière de
Chala , actuellement
dans le jardin des cadres du Parti
Communiste.
Son
épitaphe chinoise est : « A celui
qui, réputé juste et venant du grand Occident,
a fait imprimer des livres renommés »
Sa
tombe y est toujours.

Par
la suite, l’horlogerie
intéressa les
Chinois lettrés
selon, bien sûr, les humeurs de
l’empereur du moment.
Citons ses principaux successeurs :le missionnaire Schall
(1592-1666), promu à la présidence
du Tribunal des mathématiques et
de l’Académie des sciences du Céleste
Empire,
mais emprisonné jusqu’à sa mort en 1666
en butte à la jalousie des astronomes
musulmans attachés
à la Cour.
Et
le Père Ferdinand
Verbiest (1623-1688) ,d’abord emprisonné, puis
réhabilité et élevé aux plus hauts titres
scientifiques. C’est lui qui a équipé
l’observatoire de Pékin de nombreux instruments
qui existent encore.


Mais
n’oublions pas
que le peuple des campagnes
n’avait
qu’une seule horloge : le soleil
et que la Cour
réglait tout sur la vie de l’Empereur.
Les
Chinois
lettrés
utilisaient
les clepsydres pour mesurer le temps.

La
plus courante se présentait comme une boite
pentagonale en cuivre jaune
et aux coins arrondis
, un pied de diamètre et un pouce
de haut.
Le
motif du couvercle ajouré formait cinq spirales
continues évidées qui contenaient
la poudre d’encens .

Ce
motif représente les Cinq Nuages de Félicité .
Si
l’on allume
l’encens au début du motif , il se
consumera lentement le long des spirales comme une
mèche .
Plus
élaboré était le modèle avec sonnerie . Là, l’encens brûle dans une gouttière sculptée
en forme de navire .
Au
cours de la combustion , les fils posés à cheval
sont également brûlés et libèrent de sphères
qui font tinter le gong placé en dessous.

Il
est donc normal que
Qin Lon,
l’empereur amateur d’automates, déclare
à Mac Cartney en 1792,
qui lui présentait
une horloge musicale et astronomique :
« Ce sont tout juste des jouets bons
pour des enfants
occidentaux ».
Il
est vrai que Mac Cartney avait refusé de faire le
Knowtow.
Au
point de vue anecdotique, il faut signaler la
passion des Chinois pour le grillon. Ce dernier
est
utilisé
soit pour
des combats ,
soit aussi comme animal de compagnie car certains
se plaisent à écouter ses stridentes modulations
.L’insecte le plus prisé a pour nom : « clochette
d’or ».
L’insecte
était enfermé
dans de
jolies et coûteuses cages
en ivoire ou en fils d’argent, de la
forme et de la grosseur d ‘un œuf. Cage à grillons et
étuis à baguettes de manipulation de grillons
sont aussi des objets de collection.
La
capture d’ un grillon
n’est pas chose aisée. Tout d’abord il
faut le localiser au bruit
puis l’appâter avec des légumes ou des
fruits , c’est seulement lorsqu’il est rassasié que l’on peut s’en saisir et le mettre en cage .
Aussi
,entre la
fin de l’ère Meiji ( 1868-1912) et l’ère
Taisho ( 1912-1926) , l’usine Owari Tokei Co Ltd
5 Owari clock Mfg Co) a produit
ce mécanisme d’horlogerie , appelé
HI-TRICK, pour piéger le grillon.
Fabriqué
au Japon , à Nagoya ,
il fut
vendu en Chine comme l’atteste cette étiquette
tri-lingue .
Le
texte japonais
- Kutsuri Toiha - signifie Hi-trick
ou je crois
« bon engin ? »
Le
texte chinois
dit : « la plus vielle
manufacture »
Et « un modèle social pour calculer le temps et
pour montrer la fin ».
Attiré
par le jus de fruit déposé sur le tambour, le grillon s’en délecte mais
il ne se rend pas compte
qu’il rentre dans le piège .

Un
léger racloir le
décolle du tambour , perturbé il se
dirige alors vers la lumière
filtrant du vitrail
et entre dans la nasse
d’où on le retire plus tard .

Actuellement,
l’industrie horlogère chinoise
est concentrée à Canton dans une usine
ultra-moderne. Sa production est réservée à
l’immense
marché intérieur.
Au
point de vue historique, les premières horloges
n’existent plus, sauf dans les
descriptions des archives.Les guerres , les sacs
de palais, l’arrivée des communistes et
la fuite des autres,
ont fait leur œuvre.
Il
reste dans le palais impérial la galerie des 192 merveilleuses
horloges :
anglaises,
chinoises et françaises.
Plus,
dans les divers pavillons, d’autres pendules présentées en paires.
Disons
que cette habitude d’avoir tout
en double
est, soit une marque de snobisme,
ou alors
la crainte de voir
une horloge
tomber en panne et de rester privé de l’heure
exacte .
Et
je connais certain collectionneur de pointeuses
qui n’ose rhabiller un mouvement
que lorsqu’il possède
son double !
Dans
les Salles de la Longévité et de la
Bienveillance
du Palais
d’été se trouvent
des pendules représentant des lyres portées
par des éléphants.
Et
l’ancien Observatoire
conserve
de merveilleux et anciens instruments
astronomiques.

Si
vous voulez rapporter
une montre
de poche,
apprenez vite le chinois : « who
xian mei lao shi de zhong biao ! »


(ce
qui veut dire, en lisant de gauche à droite,celle
remarquable calligraphie
: « je désire acheter des montres ou
horloges anciennes »).
Mais
apprenez bien votre leçon, la montre chinoise
courante est en argent
sans décorations extérieures
mais l’intérieur est
finement décoré, le remontage est à clé,
mémorisez les noms de fabricants
renommés et leurs signatures. Et
souvenez-vous que le prix est d’environ
250 euros.
Il
existe aussi
ce qu’on appelle
« les grandes Chinoises », le mécanisme
est identique au précédent,
mais le boîtier est en métal doré
,enrichi d’émaux représentant des fleurs, des
animaux etc. …
Pour
ces montres,
ne vous faites pas d’illusions !
Vous
pourrez avoir
la chance de
les admirer
mais elles ne sont pas à vendre,
du moins dans nos idées de prix.
Mais :
« Point n’est besoin d’espérer pour
entreprendre ni de réussir pour persévérer » !
En
voilà assez pour la Chine et revenons en Europe,
où en 1815
le canton de Neuchâtel
devenu principauté des Hohenzollern,
se découvrait
des sentiments d’indépendance.
Pour
renforcer les sentiments des loyalistes aux
Hohenzollern,
Frédéric-Guillaume IV
fit en
1842 un
voyage dans la principauté
où il
reçut de nombreuses
belles pièces d’horlogerie qui était,
rappelons-le, la spécialité du pays.
La
commune de La
Chaux-de-Fonds
lui offrit une montre en or, à secondes
mortes, échappement
à ancre, levées visibles ,22 rubis
et qui était la plus plate jamais sortie
des ateliers
d’Henry-Louis
Courvoisier.
L’Empereur
remercia, en disant que c’était là une
« platitude » qui le
comblait.
En
1913 , Guillaume II,
assistant aux manœuvres de l’armée
suisse, fit présent au Conseil Fédéral d’une pendule
qui accompagna
pendant un an de son tic-tac les délibérations
des ministres,
puis elle fut reléguée à la cave.
Peut-être
certains pensaient-ils
qu’elle
aurait un effet contraire à la
pendule de Bougival (elle
qui dans le conte d’Alphonse Daudet ,
transformait les esprits moroses en esprits
gais !).
De
plus , si
nous avons cité des
ambassadeurs horlogers, n’oublions
pas non plus
les horlogers ambassadeurs tels que :
-Beaumarchais,
quoique ses lettres de noblesse lui fissent bien souvent oublier son
premier
métier.

-Voltaire,
qui sollicitait
les ambassadeurs
pour qu’ils
protègent
sa manufacture de montres de Ferney
par des achats massifs de montres.
-Robert
Houdin, qui
en 1855 fut envoyé en Algérie pour
contrebalancer l’influence des chefs religieux
Actuellement,
bon nombre de fabriques d’horloges réputées
reçoivent des commandes officielles pour
de telles circonstances.
Et
notamment la maison Jaeger, qui livra une très
petite montre pour Elisabeth II,
présent
du président Lebrun lors de son voyage en
Angleterre.
Une
pendule « mystérieuse » de la
maison Cartier de Paris fut offerte
par le gouvernement provisoire de la République
en 1944 au maréchal Staline
et à la reine Elisabeth de Belgique.
Ce
gouvernement devait être en fonds, car
il offrit
à la fille du président Truman
un splendide collier-montre
serti de rubis, émeraudes et saphirs
cabochons.
Pour
finir, une histoire belge :

Durant
les heures les plus sombres de l’occupation,
Louis Zimmer .horloger à la Cour, établi
à Lier, contruisit en secret 10 horloges qui
devaient être remises en cadeau aux chefs des forces allièes.


une
pendule astronomique en forme de V de 75 cm de
hauteur en acajou poli. Au cadran central ( les
chiffres remplacées par
VICTORY
PEACE ) l’heure de Greenwich. Aux cadrans
auxiliaires, la marée de Douvres, les phases de
lune et un calendrier perpétuel : date,jour,
et mois. La date exacte en avançant
automatiquement d’un jour à l’autre ( à
l’heure de minuit ). Un mécanisme spécial règle
les irrrégularités des mois qui n’ont pas 31
jours. En année ordinaire, l’aiguille passe du
28 février automatiquement au 1er mars ;
de même l’irrégularité des années
bissextiles est corrigée automatiquement. Au
dessus : 1939-1945, en bas l’insigne des
Royal Scots Fusilers. Le socle comprend les
drapeaux des Alliés : Brésil, Canada,
Chine, Etats-Unis, Angleterre,Russie, Australie,
Ethiopie, Albanie, Estonie, Norvège, France,
Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Pologne, Grèce,
Danemark, Tcheco-Slovaquie et de la Yougoslavie.
Au drapeau anglais la mention suivante :
Winston Spencer Churchill Prime Minister of Great
Britain has saved Humanity from Barbarity and
Slavery ( W.S. Churchill premier Ministre de
Grande Bretagne a sauvé l’humanité de la
barbarerie et de l’esclavage.
POUR
LE PRESIDENT ROOSEVELT : une pendule
astronomique en forme de V hauteur 75 cm en acajou
poli. Au cadran central l’heure de New York ( 5
h ).Aux cadrans auxiliaires : les signes du
Zodiac, les saisons, les phases de lune et un
calendrier perpétuel : date, mois et jours.
Au-dessus 1942-1945 en bas la dédicace : Président
F.D. Roosevelt has saved Humanity from Barbarity
and slavery. Le socle comprend les mêmes drapeaux
alliès. ( Le Pérou en plus ).
POUR LE MARECHAL
STALINE: une pendule astronomique en forme de V
hauteur 75 cm en acajou poli. Au cadran central
l’heure de l’Europe Orientale ( +2 h ). Aux
cadrans auxiliaires : les signes du Zodiac,
les phases de lune et un calendrier perpétuel :
date, jour et mois. Au dessus 1941-
1945.
En bas la dédicace : Maréchal Staline a
sauvé l’Humanité de la barbarie et de
l’esclave ( en langue russe ). Le socle porte
les décors suivants : Moscou-Stalingrad,
Varsovie-Berlin. Entre le drapeau russe et belge
l’emblème de l’Armée.
POUR
LE MARECHAL MONTGOMERY : une pendule
astronomique en forme de V en palissandre de 65 cm
de hauteur. Au cadran central l’heure de
Greenwich ( les chiffres sont remplacés par B.L.
MONTGOMERY ) Aux cadrans auxiliaires : les
phases de lune, les signes du Zodiac ( représentés
scientifiquement ) et les saisons. Au-dessus :
El-Alamein-Tunis. Le socle porte en oblique, deux
drapeaux : belge et anglais entre lesquels se
trouve l’emblème du maréchal Montgomery ;
en bas Africa-8-Ardenne.
POUR
LE MARECHAL EISENHOWER :
une
pendule astronomique en forme de E hauteur
70 cm en macassar. Au cadran central :
l’heure de New York ( - 5 h ) ( les chiffres
sont remplacés par D.D. EISENHOWER ). Aux cadrans
auxiliaires : les phases de lune, les signes
du Zodiac ( représentés scientifiquement ) et
les saisons. Aux bras du E les noms des capitales
où le maréchal Eisenhower a fait son entrès ;
en dessus : mentions suivantes :
North-Africa 1942, Germany 1945 : Le E est
surmonté par un V de 15 cm de hauteur portant
entre les jambes l’emblème du Maréchal
Eisenhower.
POUR
LE GENERAL DE GAULLE : une pendule
astronomique en forme de V en acajou poli de 60 cm
de hauteur. Au cadran central : l’heure de
Greenwich. Aux cadrans auxiliaires : les
phases de lune, les signes du Zodiac ( représentés
scientifiquement ) et les saisons. Au-dessus
1939-1945. Le socle décoré à sa partie oblique
par deux drapeaux : le drapeau français (
avec Croix de Lorraine ) et belge entre lesquels
la dédicace Général de GAULLE a sauvé la
France de l’esclavage. La partie droite porte
l’appel de la B.B.C. durant l’occupation :
Honneur et Patrie.
POUR
LE GENERAL CHANG KAI TCHEK : une pendule
astronomique en forme de V de 65 cm de hauteur en
palissandre. Le cadran central donne l’heure de
la Chine ( + 7 h ). Les cadrans auxiliaires
indiquent les phases de lune, les signes du
Zodiac, la distance Terre-Soleil et la longitude céleste.
Au-dessus 1933-1946. Le socle comprend la dédicace :
Général Chang Kai Tchek has saved Asia from
barbarity and slavery, de même que les emblèmes
de la paix et de la victoire.
POUR LE ROI LEOPOLD III
Une pendule astronomique en forme de V hauteur 75
cm en chêne foncé. Le cadran central donne
l’heure de Greenwich. Aux cadrans auxiliaires :
les signes du Zodiac et les saisons, de même les
phases de lune. Ce cadran est une vue de Bras (
Wardin ) village natal de mon père et qui vient
d’être complétement ravagé par les hordes
teutonnes. Au-dessus 1940-1945 ; en bas la dédicace
suivante : Z.M. Leopold III heeft zijn volk
gered – S.M. Léopold III a sauvé son peuple.
Le socle comprend les drapeaux des Alliés ( les mêmes
que ceux de Mr Churchill, de
même
l’insigne du 5th Royal Inniskilling Dragoon
Guards dont le roi Léopold III est le Colonel en
chef.
POUR
LA REINE WILHELMINE
une
pendule astronomique en style hollandais de 60 cm
de hauteur en palissandre. Le cadran central donne
l’heure d’amsterdam ( - 20 mn ), les cadrans
qui l’entourent indiquent respectivement les
jours, les mois et Zodiac, la date perpétuelle et
la marée de la ville martyre de Rotterdam.
Au-dessus les phases de la lune et comme ornement
le V de la victore ayant à ses côtés les dates
1940-1945.
POUR LE PRESIDENT HARRY TRUMAN
une pendule astronomique en forme de V de 75 cm de
hauteur en maccassar. Au cadran central :
l’heure de New-York ( - 5 h ). Aux cadrans
auxiliaires : les signes du Zodiac, la
longitude céleste, les saisons et un calendrier
perpétuel ( forme concentrique ) Au dessus
1942-1945, en bas la dédicace : TO President
Harry Truman who has continued the fight for
Peoples’Liberty and Freedom. Le socle comprend
les drapeaux des Alliès ( les mêmes que pour le
Président Roosevelt ).
L’emblème du Maréchal Eisenhower, Chef
suprême des
Armées Expéditionnaires des Alliés.
Sur un
champ de zibeline représentant l’obscurité de
l’oppression nazi est représentée l’épée
de libération en forme d’épée de croisade ;
les flammes s’élevant de la poignée et s’élançant
le long de la lame représentant la justice vengée
par laquelle la force nazie sera brisée dans
l’Europe dominée par les nazis. Au-dessus de
l’épée un arc-en-ciel, emblème de l’espoir,
contient toutes les couleurs des drapeaux
nationaux des Alliés. La partie principale en
Azur bleu, au dessus de l’arc en ciel symbolise
l’état de paix et de tranquilité ainsi que la
restauration de chaque peuple opprimé, ceci étant
le but des Nations Réunies.
Entre
le 3 et le 10
juin 1945
ces dix pendules furent exposées à l’hotel de ville de Lier ,
l’affluence
et le succès furent énormes .
Cependant
Louis
Zimmer , horloger de la Cour, et par conséquent
président du
bloc royaliste de Lier
fut très désappointè
de l’attitude d’un grand
de personnes envers Léoplold III.
Par
dépit du
résultat de la question royale, et certainement
en accord avec le palais, car la famille
conserva encore longtemps
son titre d’horloger royal,
Zimmer refusa tout net de livrer ses
pendules aux
lauréats,
sauf à
Léoplod III.
Les
autres furent
canibalisées ou vendues à des particuliers.
En
tout cas celle
de Churchill
fut vendue il y a 4 ans à la brocante
de Ciney
pour la somme de 1500 euros à un
collectionneur
militaire batave.
Je
vous remercie pour votre attention
durant
cette causerie
dont
les éléments , je vous rassure ,ont été comme
d’habitude puisés aux meilleures sources : cycles de conférences prononcées au Conservatoire des Arts
et Métiers,
dont celle de
M. Chapuis prononcée le 3 mai 1949
( 350 exemplaires ), l’article de M. Yves
Gay sur
Matteo Ricci et « L’introduction de la
mesure du temps en Chine »
et « Le voyage d’un amateur
d’horlogerie en Chine » par M. R. Chavigny
, bulletin
Ancaha n°
71 (1994
),Archives famille Zimmer – branche boraine
, Louis Zimmer par Luk Ceulemans ,
le tout assaisonné de
mes rares grains de sel personnels.
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