Here are the Three Bees again, once more. 

 

                                                                                                 

 

Si vous regardez de plus près le contenu actuel de vos assiettes, vous constaterez que plus de 75 %  des produits qui s’y trouvent bien que cultivés  en Europe ont une origine  étrangère : pommes de terre – tomates – mais- riz – haricots,  pour les principaux.

 

L’histoire  de ces  acclimatations   réussies est bien souvent passée sous silence ; par contre,  celle  qui rencontra l’échec le plus cuisant  est  bien  connue de Monsieur tout le monde.

 

 

Incident mineur qui aurait  bien vite sombré dans l’oubli, s’il n’ y avait  eu de nombreux «  mais » :

 

-         l’affaire se passait  entre Anglais  , le 28 avril 1789  à l’époque de la Révolution française  .

-         l’ affaire avait été décidée  par une coterie  de puissants  colons  impliqués dans le secteur très lucratif du sucre ..

-         l’affaire avait été cautionnée  par le président de la Royal Society

-         La Couronne  ( Georges III )  lui donnait son aide morale et financière.

-         le  théâtre de cette mutinerie  était les îles  paradisiaques de  l’Océanie.

 

Bref, il s’agit de « L’affaire de l’arbre à pain »  qui  devait donner  une nourriture saine et très bon marché  aux esclaves des plantations.

 

Ce fut  un double échec, car deux navires  et de nombreuses vies  furent perdus, et les  esclaves boudèrent cette nouvelle manne.

 

Ainsi donc, pour votre plus grand plaisir, je vous parlerai de cette aventure dans une causerie intitulée :

 

 “ Here are the  Three Bees again, once more “ .

 

Trois “B” qui commencent les noms de :

 

Bank, initiateur  de  ce projet

 

Bligh, l’homme de terrain  et capitaine de  la

« Bounty »  

 

Je me limiterai à certains aspects  de cette affaire, déjà commentée dans une bibliographie des plus complètes.

 

Outre les récits du procès  et les correspondances  des auteurs principaux, la presse s’intéressa fort à cette affaire.

 

 

Le  16 mai 1809,  le journal  «  THE PUBLIC LEDGER ,  ou DAILY REGISTER of Commerce and Intelligence »  publiait ces quelques lignes :

 

LES MUTINS DE LA BOUNTY.

Comme le sort de Christian et de ses compagnons n’a jamais été connu exactement, nous sommes heureux d’avoir l’occasion de communiquer à nos lecteurs  des renseignements  intéressants à ce sujet :

-Extrait de journal de bord du Capitaine Folger, du navire américain «  Topaze » de Boston.

 

-Valparaiso le 10 octobre 1808.

 

                Le capitaine rapporte  qu’en débarquant  sur l’île de Pitcairn , il y trouva un Anglais du nom d’Alexandre Smith , seul survivant des neuf personnes  ayant atteint cette île à bord de « La Bounty »   ex-navire de Sa Majesté  en  1790. Et aussi une population de 35 âmes, dirigée par Alexander Smith, parlant anglais et  éduquée d’une manière religieuse et morale.  

 

De  nos jours, une bibliographie  sérieuse sur le même sujet  comporte   environ  320    titres  et références et le nombre de sites Internet  sur ce sujet  dépasse le million.

 

Mais je ne ferai pas comme Robert Merle qui, dans la préface de son livre «  L’Ile » narre cette histoire selon sa fertile imagination, mais  vous livrerai les faits tels qu’ils ont été rapportés ou commentés. A vous de rêver ou  de réaliser.

 

En quelques mots  rappelons l’histoire.

 

A la demande du lobby des planteurs  des Indes Occidentales, qui recherchaient une nourriture  abondante et bon marché pour les esclaves des plantations, et sur les conseils  de  Joseph Bank, la couronne  envoya un petit navire  pour  réaliser cette idée.

 

Partie de Spithead le 23 décembre 1787, La « Bounty » arriva à Tahiti  le 26 octobre,  ayant parcouru les 50163 kilomètres  à la vitesse moyenne de 200 kilomètres par jour, soit  8,33 kilomètres  à l’heure .

 

Le 4 avril 1789, le navire, ayant fait son plein d’arbres à pains et d’autres plantes, leva l’ancre . Et le 28 avril, la mutinerie éclata.

Alors  chacun suivit son destin. 

Le capitaine et 18 hommes furent jetés dans la chaloupe.

 

 

 

 


La «  Bounty »  retourna vers Tahiti,   puis essaya de fonder une colonie, mais sans succès.

 

Enfin, la faction  dure des mutins reprit la mer pour se fixer sur l’île de Pitcairn,   tandis que les  mous  et les fidèles restaient à Tahiti.

 

 

Sur Pitcairn,  la situation dégénéra et  il ne resta qu’un seul homme .Adam Smith.

A Tahiti  La « Pandora »  captura  les mutins pour les ramener au pays.

 

Malheureusement,  le navire fit naufrage et  les mutins survivants  furent ramenés en Angleterre pour être jugés.

 

Vous voyez que le sujet est des plus vastes, aussi je ne parlerai que de certains points :

La ligne du temps,

L’arbre à pain,

La « Bounty », 

La mutinerie,

Les naufragés de la chaloupe,

Les colons de Pitcairn,

Les captifs de La « Pandora »,

Les horloges,

Le cinéma et La « Bounty ».

 

A vous alors  de  créer  votre propre vision de l’aventure.

 

« La ligne du temps ».

 

Entre la naissance et la mort de William Bligh, quelques dates :

1754            naissance de William Bligh.
1757            John CAMPBELL  invente le sextant.

1761  John Harrison invente le chronomètre de marine  pour mesurer la longitude.
1764     
  Naissance de Fletcher Christian. James Hargreaves invente la Spinning  Jenny.

1767 Carteret à bord du «  Swallow » découvre l’île de Pitcairn.

1768 James Watt fait fonctionner sa machine à vapeur.

1770 Cugnot  construit son tracteur à vapeur.

1773 A Boston, les colons américains  jettent une cargaison de thé   à la mer.

1774 Georges Louis Lesage fait breveter un télégraphe électrique.

1775 début de la guerre d’Indépendance des USA. Et Alexander Cummings  met au point les toilettes à chasse.

1779 Cook est tué par les indigènes à  Kealakakooa  Hawaii.

Samuel Cropmton   réalise les métiers à tisser. Benjamin Franklin invente les lunettes à double foyer. Et Brunet, la scie circulaire.

1781 Bligh épouse  Betsy Betham.

1783 Les frères Mongolfier  mettent au point un ballon à air chaud.

1785 la machine à vapeur de James Watt actionne les métiers à tisser et Jean Pierre Blanchard traverse la Manche en ballon.

1787 La « Bounty »   est aménagée pour l’expédition.

Un premier convoi de forçats quitte l’Angleterre pour l’Australie.

1787 le 23 décembre La « Bounty » quitte Spithead.

1788 le 6 janvier, elle arrive à  Ténériffe.Le convoi de forçats arrive à Sydney.

1788            le 28 mars , elle arrive en vue du Cap Horn.

1788 le  22 avril  elle fait voile vers le Cap de Bonne Espérance.

1788 le 24 mai, elle arrive au Cap.

1788 le 26 octobre, La « Bounty »  arrive  à  Matavai Bay, à  Tahiti.
1789           
le 4 avril, La « Bounty » entame son chemin de retour.

Prise de la Bastille. Hahnemann développe son concept de l’homéopathie.
1789     
le 28 avril, mutinerie. La chaloupe commence son voyage.
1789       le 6 juin, La « Bounty » est de retour à Tahiti  pour y  trouver les éléments  nécessaires à une colonisation.

1789 le  16 juin, La « Bounty » quitte Tahiti.

1789  du 23 juin  au  12 septembre,  les mutins de La « Bounty »  s’établissent, mais sans succès, à Tubai ( Fort-Georges est construit ).

le 22 septembre, La « Bounty » arrive à nouveau à Tahiti.

le 23 septembre,  elle quitte Tahiti avec seulement 9 mutins à bord.

1790       le  15 janvier, La « Bounty » arrive à Pitcairn et est brûlée le 23 janvier.

Le 13 mars, la nouvelle de cette mutinerie arrive à Londres et le 14 mars Bligh  arrive à Portsmouth.

Il passe en cour martiale pour la perte du navire  et le   22 octobre, la « Pandora »  commandée par le capitaine Edwards, quitte l’Angleterre à la poursuite des mutins.

1791       La « Pandora » arrive  le  23 mars et capture tous les mutins  (14) .

Le 3 août, Bligh à bord de   la Providence,  recommence sa mission.

8 août La « Pandora »   s’éventre sur un récif de la Grande Barrière de Corail.

Entre le 28 août et le 17 septembre, un autre voyage en chaloupe commence, à destination de Koupang  Batavia.

Le 10 avril, la Providence arrive à Tahiti pour récolter  les arbres à pain.

Le 18 juin, les rescapés de La « Pandora » arrivent à Spithead.

Le  12 septembre, les 10 mutins survivants sont jugés et le  29 octobre, 3 d’entre eux sont pendus.

William Murdoch invente l’éclairage au gaz.

 

1792       le  27 janvier,  la « Providence » délivre ses arbres à pain à la Jamaïque.

le 3 septembre,  la « Providence » arrive en Angleterre, mission accomplie.

Les  20 septembre et 4 octobre, les mutins et les Tahitiens   sont tués à Pitcairn, à l’exception d’un seul Anglais.

Elie Whitney invente sa machine à égrener le coton.

 

1793       Philip Vaughan invente le roulement à billes. Et  Chappe le télégraphe optique. Louis XVI est guillotiné.

1794  Nicolas Appert   invente les conserves en bocaux.

 

1797 le 19 mai, Bligh,  comme d’autres capitaines, est relevé de son commandement  lors de la mutinerie de la Nore.

Mutinerie également à Spithead.

1799 Volta invente la pile.

1800 Jacquard met au point son métier à tisser.

1806 Bligh passe en jugement pour  langage offensant vis- à- vis d’un inférieur.

1808 Bligh est renversé de son poste de gouverneur  des New South Wales  par les trafiquants de rhum.

1809  Humphry Davy  trouve la lampe à arc. Le  28 septembre,  la colonie de Pitcairn est découverte par le capitain Folder.

1814            Locomotive de George Stephenson et première photo de Joseph Nicéphore Niépce.

1815            Waterloo.  Bligh meurt à Londres à 63 ans, d’un cancer.

 

 

Remarquez, en passant,  que cette époque qui évoque pour  nous  le temps  de la marine à voile et des transports à chevaux,  était  également celle des débuts de la révolution industrielle :  vapeur, électricité  et mesure exacte du temps .

 

On peut aussi se demander  quelles découvertes actuelles feront le monde de demain et quels sont ceux  qui les  discernent  dès à présent ?

L’arbre à pain.

 

 

 

 

Au point de vue botanique  c’est une plante de la famille des Artocarpus .

Il faut distinguer :

 

L’artocarpus integrifolia   ou Jacquier

L’artocarpus  incisa  varieté  seminifera  faux arbre à pains

Et  l’ artocarpus incisa variete apyrena    ou arbre à pains  .

Mais laissons parler le capitaine Cook.

 

L’artocarpe, est un arbre de la taille d’un chêne moyen.

Ses feuilles, qui atteignent facilement un pied et demi de long, sont oblongues et très découpées, comme celles d’un figuier

Le fruit est gros comme une tête d’enfant et sa surface est réticulée comme celle d’une truffe.

Une peau fine le recouvre et le trognon est de la taille d’un petit canif.

 

La pulpe comestible se trouve entre la peau et le trognon.

Elle est d’un blanc de neige et de la consistance du pain frais.

On la divise en deux ou trois parts que l’on grille avant de les manger.

Elle est insipide avec un arrière-goût légèrement doucereux et ressemble à de la croûte de pain de froment mélangée à du cœur d’artichaut.

 

 

C’est le principal aliment, car il suffit de le cueillir sur l’arbre pour s’en procurer.

 

Il ne pousse  pas spontanément du sol, mais si un homme en plante une dizaine, ce qu’il peut faire en moins d’une heure, il a rempli aussi complètement son devoir envers lui et sa descendance qu’un fermier de nos climats  moins tempérés en retournant son champ chaque hiver.

Il est vrai qu’il ne porte pas de fruits toute l’année, mais les noix de coco  les bananes et d’autres fruits suppléent à leur absence.

Et comme en parle aussi Lord Byron dans son œuvre : « L’ile » :

L’arbre à pain qui, sans le secours du soc, cède

à l’homme la récolte non moissonnée de champs non labourés,

Cuit ses pains de pur froment

Sans four, dans des bosquets ouverts à tous,

Et chasse la disette de son sein fécond,

Aliment gratuit pour chaque convive …

 

Voilà donc un produit  qui méritait toute l’attention,  mais comme vous le savez les esclaves n’en ont pas voulu ...

Notez cependant  que le jacquier  était connu depuis très longtemps  (Théophraste et Pline l’Ancien en faisaient déjà mention comme aliment des peuples de l’Asie orientale.

Il fut introduit au Brésil par les Portugais au milieu du 17 siècle  et à Saint Domingue en 1782.

En Jamaique il fut introduit une première fois en 1782  par les Anglais et de façon accidentelle  car   les plants de Jacquier se trouvaient à bord d’un navire français   capturé.

La mission de  Bligh    vient ensuite en 1793, oubli réel   ou volontaire excusant une expédition de conquêtes ?

 

Le navire.

 

De petite taille ( 91 pieds de long et 23 de large, soit 27 mètres de long et  7 de large ),  ce navire était parfait :  les chantiers de Deptford  avaient  fabriqué des  mâts  hauts et délicats, une coque   doublée de cuivre bien propre   et lisse,  ne négligeant aucun cordage ni aucune poulie. Il fut lancé  en août 1787 sous le nom de « Bethia »  ou « Betty ». Bref, elle avait fière allure.

Mais bien vite, sur l’intervention de Sir Joseph Bank, elle subit de profondes modifications, pour lui permettre de transporter  750 plants d’arbres à pain ; la grande cabine fut  transformée en serre,  avec un sol de plomb pour récupérer les eaux en excès. Et ses mâts élancés furent sévèrement raccourcis.

Cela bouleversa et réduisit l’espace dévolu aux  hommes d’équipage,  aspirants officiers et capitaine.

 

De ce fait, le capitaine Bligh, au lieu de profiter du calme d’une grande cabine dut se contenter  d’une petite cabine ( 7 pieds sur 8, soit 2 mètres sur 2m50 ) sans air et séparée par un corridor de la cabine de l’équipage, où  33 hommes dormaient, mangeaient, cuisinaient  dans un espace de 6m70 sur 11mètres soit 2,25 mètres carrés par homme ( comparés aux 12 mètres carrés recommandés pour les prisonniers dans nos prisons).

 

.

Tout à côté se trouvait la cabine du second  Fryer et  l’armurerie. Cela ne fut pas sans impact sur la mutinerie.

Ces transformations coûtèrent la somme de  6406 livres sterling, soit 3 fois plus que le budget initial, mais  ce détail fut jugé insignifiant vis-à-vis de la politique de royaume.

 

Et la « Bounty » fut prête à prendre la mer  comme  « His majesty armed vessel ».

Cela impliquait :

 

Un équipage de 45 hommes   + un commandant (pas capitaine).

 

Voici les noms, les fonctions et le sort final de tous les membres de l’équipage :

 

Tout d’abord, les marins de la chaloupe :

William Bligh,  le capitaine (33 ans )

William Elphinstone, troisième officier (36 ans) mort à Timor.

John Norton,  second maître-timonier, ( 34 ans ) tué à Tofoa par les indigènes .

Peter Linletter, (30 ans) second maître-timonier,  mort à Timor.

Robert  Lamb, (21 ans) boucher,  mort  sur le  navire qui le ramenait au pays.

Thomas Ledward, chirurgien faisant fonction, mort au cours d’un naufrage durant son retour au pays.

David Nelson,  botaniste mort, à Timor

John Fryer( 33 ans ) second , toujours en conflit avec le capitaine.

William Peckover (40 ans) canonnier. Il  reprendra du service.

William Cole, maître d’équipage.

Thomas Hayward (20 ans)  aspirant. Il repartira sur la «  Pandora » .

John Hallet (15 ans),  aspirant. Il reprendra du service.

Robert Tinkler (15 ans), aspirant. Il  reprendra du service.

William Purcell, charpentier,  servira sur d’autres navires.

Georges Simpson (27 ans) , aide second-maître.

John Smith (36 ans), cuisinier du commandant qui continuera à le servir.

John Samuel (26 ans) qui sauva le précieux livre de bord de la convoitise des mutins. Ce sera la pièce essentielle du procès.

 

Morts avant la mutinerie :

John Huggan,  chirurgien barbier, alcoolique, mort à Tahiti d’une crise d’éthylisme.  Il était dans un état constant d’intoxication alcoolique et  manifestait une telle aversion pour tout exercice physique qu’il n’avait pas passé douze heures sur le pont durant la traversée. Il fut le premier Européen à être enseveli en grande pompe sur le sol de Tahiti.

 

Jacques Valentin (28 ans), mort d’une saignée mal faite par le précédent.

 

Marins   restés à Tahiti :

 

James Churchill (28 ans),  maître d’armes, déserteur malchanceux,  mutin   tué par Thompson.

Matthew Thompson (37 ans), matelot  mutin violent,  tué par les Tahitiens.

Henry Hillbrant (24 ans), tonnelier  mutin,  mort durant le naufrage de la « Pandora » .

Richard Skinner  (22 ans), serveur du tonnelier, mort durant le naufrage de la «  Pandora ».

George Stewart (21 ans), aspirant loyal, mort durant le naufrage de la « Pandora ».

Michael Byrn (28 ans), matelot  musicien aveugle, loyal acquitté par la Cour martiale.

Joseph Coleman (36 ans), armurier loyal,  acquitté.

Thomas McIntosh, ouvrier charpentier (28 ans) loyal, acquitté.

Charles Norman (26 ans), second charpentier, loyal, acquitté.

Peter Heywood, aspirant (15 ans), loyal, mais jugé et gracié.

James Morrison (27 ans),  second maître d’équipage, loyal, jugé et grâcié.

William Musprat (27 ans), steward mutin, déserteur  grâcié.

Thomas Burkett  (25 ans), second maître-canonnier, mutin, pendu.

Thomas Ellison (17 ans),  pendu.

John  Millward (21 ans), matelot mutin, déserteur et pendu.

 

 

Les mutins  de Pitcairn.

 

Fletcher Christian  (23 ans), second, tué par les Tahitiens.

Matthew Quintal (21 ans), matelot :  durant une crise de folie fut tué par Adams et Young.

McCoy (25 ans), matelot  fondateur de la première distillerie de Pitcairn, sombra dans l’alcoolisme et se jeta du haut d’une falaise.

Isaac Martin (30 ans), second charpentier, tué par les Tahitiens.

John Williams, forgeron (26 ans), tué par les Tahitiens.

Edward Young (21 ans), aspirant,  ami intime de Fletcher mort d’une crise d’asthme.

William Brown (27 ans), aide-botaniste, tué par les Tahitiens.

Et Alexander Smith  (John Adams) ( 20 ans )  patriarche de la communauté de Pitcairn.

  

En résumé :

45 hommes  + le capitaine

Âge moyen : 26 ans 

(Le plus jeune avait 15 ans,

Le plus âgé 39 ans)

Bligh avait 35 ans.

Nationalité : anglaise  mais aussi deux Américains, un Allemand et  un natif des Indes Occidentales.

Tous, sauf  trois ou quatre, chiquaient ou  fumaient du tabac.

Cela leur coûtait 3 mois de gages sur 16.

     

Soit :

 

Fidèles : 26

19 sur la chaloupe, 7 restés à bord de la « Bounty » , puis à Tahiti par manque de place .

Mutins : 18 

9        iront à Pitcairn,  9 resteront à Tahiti.

 

Morts avant la mutinerie : 2

 

Au total : 46 hommes

En pourcentage : 59  % de fidèles, 41 % de mutins.

Pendus par acte de justice : 3

Mort de privations : 6

Tués : 9

Noyés : 6

Morts de maladie :  3

Rescapés : 19

 

Au total : 46

 

La mutinerie.

La vie à bord  dans  un espace réduit  n’est possible qu’avec une certaine discipline :

Discipline de groupe.

Discipline d’action.

Discipline alimentaire.

Discipline à faire régner parmi des marins  turbulents, jeunes, peu éduqués  et bien souvent  contraints à faire office de marins  ( presse royale )  ou préférant la marine à la prison .

 

Il n’était donc pas étonnant que certains marins désertent  ou se rebellent.

 

Un tableau  établi pour les  navires croisant dans le Pacifique entre 1764  et 1795   donne  les chiffres suivants :

Sur 1556 hommes d’équipages,

8.8 % décédèrent,

3.47 % se noyèrent,

5.01 % désertèrent,

12.92 %  furent punis une fois,

7.65% furent punis plus d’une fois,

et 28.08 % souffraient d’une maladie vénérienne .

 

Durant la même époque, un tableau donne les différentes causes de punition  et leur ventilation ;

La négligence, l’insolence, le vol sont les principales causes.

Le manque d’hygiène personnelle est le moins puni.

 

Un seul moyen  était utilisé : la peine corporelle  par le fouet.

Et le  tarif  variait de 6 à 144 coups  de fouet, tempérés  par la   force du maître d’équipage.

Une fois la peine appliquée, tout devait être oublié.  

 

 

Mais, en ce qui concerne la «  Bounty » , la perte du navire ,les espoirs déçus des planteurs , l’offense faite à la couronne par cet échec   ont fait que les coupables devaient   être poursuivis coûte que coûte .

 

Une expédition punitive fut dépêchée, des mutins capturés et un jugement rendu. 3 hommes seulement furent pendus, à 11 heures du matin devant des milliers de marins.

 

Le capitaine Hammond,  du «  Brunswick »   assura à l’Amirauté que cela avait fait grande impression sur les équipages présents .Ce qui était en fait le but recherché, car il ne faut pas oublier qu’à la même époque, la révolution  battait son plein en France.

 

Cinq ans plus tard la plupart de ces équipages se mutinèrent   à Spithead le  16 avril  pour obtenir  de meilleures conditions  de travail ; non seulement  une satisfaction partielle  leur fut accordée, mais ils ne furent pas considérés comme mutins !

 

Par contre, le 11 mai, c’est la flotte de la « Nore »   qui se  mutine ; l’armée et la marine loyale interviennent alors.

Le Parlement vote d’urgence le INCITEMENT TO MUTINY ACT  qui punit de mort  toute incitation à la mutinerie  (cette loi sera abolie seulement en 1999).

 

La réaction fut donc forte cette fois : à  la fin de cette mutinerie, trente-six marins furent également pendus (plus exactement 35, car le chef de cette mutinerie,  Richard Parker, se jeta spontanément dans le vide, privant ainsi  l’autorité de la satisfaction de le pendre).  

 

La chaloupe.

Les compagnons de la chaloupe :

John Fryer, maître d’équipage,

Thomas Ledwardmédecin ff,

David Nelson, botaniste,

William Peckovercanonnier,

William Cole, bosseman,

William Purcel, charpentier,

William Elphinstone ,second-maître 

Thomas Hayward, aspirant,

John Hallet , aspirant,

John Norton ,aspirant,

Peter Linkletter, quartier- maître,

Lawrence Lebogue, voilier,

John Smith, cuisinier,

Thomas Hall, cuisinier,

George Simpson, second quartier-maître,

William Bligh, commandant.

 

 

 

Lors de l’embarquement précipité  dans la chaloupe, les  matelots emportèrent de la ficelle, de la toile, des rouleaux de cordages, des voiles de rechange et un tonneau de 120 litres d’eau.

Mr Samuel obtient en plus un peu de nourriture, un sextant et une boussole  mais il ne put sous peine de mort  emporter  des cartes, des éphémérides,  un livre d’observation astronomique  et le  chronomètre de bord  (K2).

Mr Samuel emportait aussi  le journal de bord  et l’ordre de mission.

Le maître charpentier  reçut aussi du bout des lèvres l’autorisation d’emporter son coffre à outils (et nous verrons pourquoi plus tard) .

Le seul armement autorisé fut un lot de quatre coutelas.

Les seules provisions chargées furent  150 livres de pain (68 kilos).

16 morceaux de porc, de deux livres chacun, soit 14,50 kilos au total,

6 quarts de rhum (6,60 litres),

6 bouteilles de vin,

28 gallons d’eau (126 litres).

 

Entasser 19 hommes sur une chaloupe de  7 mètres sur  2  nécessitait une discipline sévère. Soit  14 m carrés  pour  19 hommes, soit un carré de 86 centimètres de côté par personne.

Ainsi, trois équipes de 6  permettaient   de mieux manœuvrer la chaloupe et ceux qui n’étaient pas de quart pouvaient s’allonger sur le fond, en prenant soin  de s’ébrouer toutes les quatre heures, souffrant malgré  tout de  mille crampes causées par l’inactivité .

 

Chaque homme garda un habit de rechange ; le reste fut jeté par-dessus bord.

Et la ration de  nourriture fut portée à 75 grammes de pain par jour    avec parfois une once de porc salé  soit 28 grammes, une cuillère à thé de rhum et  le quart d’une pinte d’eau par jour, soit 14 centilitres ..

En   48 jours chaque homme  dévora donc :

Sept livres de pain  (3,170 kilos),

Une livre de porc salé (453 grammes),

Une pinte de rhum (un demi-litre),

Cinq onces de vin   (1,5 litre),

Deux noix de coco un quart,

Une banane,

Une pinte de lait de noix de coco (un demi litre),

Un oiseau un quart de mer.

Quatre onces de poisson  (112 grammes),

Plus, durant le passage de la Barrière de Corail 

Cinq pintes d’huîtres et moules (un litre et demi),

Et des  choux palmistes, baies et pois sauvages.

 

En matière de calories, la ration d’un marin de l’époque était de  4450 calories.

Les marins de la chaloupe étaient réduits à  345 calories, soit un déficit  de 4105 calories par jour, donc une perte de poids de 56 livres, soit 25,400 kilos ..

 

Bien que personne ne soit décédé à bord de la chaloupe, trois marins  décédèrent durant le début du séjour à Timor. Il faut dire que le climat et les soins de l’époque les avaient beaucoup aidés !

 

 

Les montres de l’histoire.

La montre de la « Pandora ».

 

En 1983, une montre fut retrouvée  sur le site du naufrage.

Elle avait été fabriquée en 1788 par J and J Jackson à Londres (numéro  9866).

 

Curieusement, se trouvant au milieu d’instruments chirurgicaux  elle devait appartenir au chirurgien George Hamilton, dont l’attitude n’était nullement en rapport avec la qualité de cette montre.

 

 

La montre de la « Bounty ».

 

James Cook, durant  ses second et troisième voyages utilisa avec succès la copie de la montre H 4 de John Harrison, la K 1.

Aussi recommanda-t-il  chaudement  que le commandant le la « Bounty » soit pourvu d’une  telle montre.

Mais le prix était de cinq cent livres sterling  (alors que le prix de  la «  Bounty »  toute entière  était de 1820 livres) .

Aussi Kendall fut prié de produire une montre à petit prix, ce qu’il fit au prix de 200 livres . Ce fut la K 2. Construite en 1771, elle fut confiée à Bligh en 1787.

Durant la mutinerie, le secrétaire Mr Samuel ne put s’approcher ni des documents de navigation, ni des sextant, boussole et  montre.

Les mutins gardèrent donc la K2, ce qui leur permit de constater que l’Ile de Pictairn était mal située sur les cartes.

Donc introuvable. Cela les décida à s’y installer.

Le redécouvreur de Pitcairn et de sa colonie de mutins, le capitaine Matthew Folger du baleinier «  Topaze » troqua le chronomètre  et la boussole pour un petit mouchoir de soie convoité par John Adams.

En 1808 Folger, faisant escale à Juan Fernandez, fut emprisonné par le Gouverneur qui lui  « emprunta » la montre.

 Libéré à l’occasion d’un changement de Gouverneur, il partit sans demander ni son reste ni sa montre.

Cette dernière apparaît alors à Conception au Chili, où un muletier l’acheta pour 3 doublons.

Il la garda jusqu’à sa mort en 1840.

 

Elle fut alors revendue pour 50 guinées au capitaine Thomas Herbert.

Ce dernier la présenta  à la THE UNITED SERVICE INSTITUTION qui fit graver au dos, première erreur, les inepties suivantes, seconde erreur  :

 

“Presented to THE UNITED SERVICE INSTITUTION by

REAR ADMIRAL SIR THOMAS HERBERT KCB MP

This timekeeper belonged to Capitain Cook and was taken by him to Pacific in 1776.

It was again taken to the Pacific by Captain Bligh in the Bounty 1787.

It was taken by the mutinerers to Pitcairn Island and was sold in 1808 by Adam to a citizen of the United States who sold it in Chili where it was purchased by Sir Thomas Herbert.”

 

Sans parler du crime d’avoir mutilé cette pièce d’histoire, cette institution américaine y a inscrit un ramassis d’erreurs. Plus tard, la montre fut examinée par le spécialiste Peter Amis de Greenwich, qui constata bien vite de Kendall, pour réduire le prix de la montre, avait tout simplement omis de mettre  un train de remontoir, ce qui normalement donne une énergie constante et qui était en fait un des secrets du succès des montres de Harrison.

Kendall construisit aussi une troisième montre, la K 3, qui se trouve aussi à Greenwich.

 

 

Le sablier de Tahiti.

 

Durant l’expédition contre une autre peuplade de Tahiti, la discipline militaire européenne fut instaurée ronde, appels, etc.

Pour ce faire, Morrison (toujours lui) bricola un sablier.

Personne ne le savait, mais l’économie du temps entrait  à Tahiti.

 

Des hommes d’exception.

 

MORRISON.

Seul  parmi les hommes restés à Tahiti, il avait  une idée : 

construire un navire  pour atteindre Batavia et le nord de l’Amérique.

 

Mais il cacha ce but aux Tahitiens à qui il dit que le navire servirait uniquement à se promener.

Conscient de ses limites, Morrison s’attacha l’aide de   Norman  et de McInstosh, bons charpentiers et de Hilbrant le forgeron.

Il racheta aussi, pour une bouteille de vin, un  cadran et troqua  le manuel du navigateur  contre un  cahier vierge, le papier étant en effet recherché pour faire les cartouches.

Après 7 mois de  longs travaux, ils eurent un navire de 31 pieds de long, soit 11 mètres de long sur 3,5 de large.

C’était un travail de bricoleur fait avec des outils de bricoleurs : chaque planche demandait deux jours de  travail.

De plus, ils durent innover pour trouver des résines pour calfater la coque.

Tout posait des problèmes, tout demandait des solutions originales.

Il fallait des tonneaux pour conserver le porc salé et aussi du sel obtenu par cuisson d’eau de mer : une journée de cuisson donnait une livre de sel.

Mais en juin 1790, les dix-huit tonnes du navire furent halées par les Tahitiens et le navire flotta.

Evidemment, cela fut l’occasion de festivités, tant pour les constructeurs que pour les Tahitiens. Ce navire fut baptisé «  Résolution ».

 

Il  manquait les cordages et les voiles. Cela fut fourni par les Tahitiens, mais en échange d’un petit service : une expédition punitive contre une autre tribu, ce qui fut fait.

 

Saisie  lors de l’arrivée de la «  Pandora », la  «  Résolution »  fut rebaptisée « MATAVY ».

 

Vendue à Batavia pour le prix de  300  la  « Résolution »  commença alors une carrière comme chasseur de loutre le long des côtes de l’Amérique du nord,  puis assura des transports entre la Chine et Hawaï en inscrivant un record de vitesse entre la Chine et les îles Sandwich, où elle fut  achetée par  le capitaine Broughton, qui l’utilisa pour étudier les côtes de la Tartarie. Elle finit sa carrière dans les eaux chinoises.

 

 

Morrison pouvait être content de son œuvre.

 

 

Les botanistes jardiniers.

 

David Nelson et William Brown, dont on sait peu de chose sauf qu’ils ont eu le courage de quitter la quiétude de leur serres et jardins pour assouvir leur passion botanique.

 

William Bligh.

 

Citons les faits principaux.

 

Né en 1753,  il  décéda le 7 décembre 1817  dans Bond street à Londres, victime selon certains, d’un cancer, à l’âge de 63 ans. A cette époque, l’espérance de vie était de 34 ans.

Il entra dans la marine en accompagnant James Cook, lors de son second voyage autour du monde.

Devenu lieutenant de marine et excellent cartographe, il effectua plusieurs relevés hydrographiques importants.

Sa solide réputation de navigateur lui valut le commandement de la «  Bounty », mais l’équipage se mutina le 28 avril 1789.

 

De retour au pays, il reçut en 1791 le commandement de la Providence  et cette  seconde  mission   « arbre à pain » fut un succès.

 

Suivirent alors divers commandements et son action intrépide et ingénieuse lors de la grande mutinerie de la « Nore »  dans l’embouchure de la Tamise.

Il servit ensuite sous les ordres de Nelson, lors de la bataille de Copenhague en 1801.

En 1805, il fut nommé gouverneur des Nouvelles-Galles,  mais son action intempestive envers les importateurs d’eaux-de-vie lui valut d’être emprisonné  par ces derniers.

En 1811 il obtint le brevet de vice-amiral.

Il repose dans le cimetière de Lambeth.

Son environnement social n’était pas commun.

Il était fils  d’officier de douane, tout comme sa femme  Elizabeth.

Sa famille avait pour ami David Hume et Adam Smith.

Bligh  collectionnait les coquillages des Mers de Sud, tandis que son épouse collectionnait les gravures de pratiquement toutes les écoles d’art de l’Europe.

Ces collections furent vendues par Sotheby’s.

 Son oncle, Ducan Campell, qui dirigeait les pontons de   convicts sur la Tamise, lui confia le commandement de ses navires, le « Lynx » ,la « Bethia » et la «  Britannia »   au salaire de 500 livres par an. C’est enfin lui qui le recommanda à Sir Joseph Bank pour l’affaire des arbres à pain.

 Bien que son salaire dût passer de 500 livres à  cinquante livres, Bligh accepta cette place avec un seul but : réussir vite.

Aussi, son esprit s’ouvrit à toute possibilité  pouvant contribuer à sa réussite, comme :

 

La division de l’équipage en trois bordées de 8 heures car (je cite) : «  j’ai toujours considéré cette répartition comme hautement souhaitable et je suis persuadé qu’un repos non interrompu contribue fortement à la bonne santé de l’équipage ».

 

Pour la santé de l’équipage, il fit acheter des pierres filtrantes à Ténériffe, sans compter l’extrait de malt et le jus de citron, distribué pour lutter contre les méfaits du  scorbut..

 

De plus, chaque fois que cela était possible, des feux étaient allumés dans les cales pour  renouveler l’air et l’assécher.

Les parois étaient aussi aspergées de vinaigre.

Et par temps sec, les hommes lavaient leur linge humide et faisaient une toilette approfondie.

L’on retiendra aussi qu’il avait engagé à bord un marin  aveugle, mais  fin violoniste, pour entretenir le moral des marins.

 

Enfin, était-ce le propre d’un tyran de laisser son équipage six  mois à terre et de dormir sans garde la porte de sa cabine ouverte ?

 

Sa prestation lors du trajet en chaloupe est remarquable :

 

Saine gestion des ressources.

Excellent pilotage d’une chaloupe dangereusement chargée.

Adhésion de  tout l’équipage a un rationnement drastique.

Et surtout,  préservation du moral de l’équipage  en l’intéressant à la navigation, par exemple en construisant un loch  pour se rentre mieux compte du trajet parcouru.

En 45 jours, aucun décès ( alors que, en 1955, les statistiques établies par Alain Bombard  montrent que près de 90 % des victimes meurent dans les trois jours qui suivent le naufrage ).

Soit  8.334 kilomètres à la vitesse moyenne de 7,7 kilomètres  par heure, soit 185 kilomètres par jour.

 

La croisière de la « Pandora ».

 

« HMS Pandora »   est un navire de guerre  de la Royal Navy,  envoyé pour capturer à nouveau les 25 mutins qui avaient  saisi la «   Bounty »  et jeté son capitaine dans une chaloupe.

 

Construite en 1779, elle fut confiée au capitaine Edward  Edwards.

Elle était suréquipée en hommes, munitions, armement  et équipement, car on avait le ferme espoir de recapturer la « Bounty »  et son équipage.

Bref, la «  Pandora »  quitta l’Angleterre en novembre 1790   pour arriver à Matavai Bay à Tahiti en mars 1791, ayant doublé  avec succès le Cap Horn. La « Pandora »   rencontra les mutins à Tahiti en mars 1791. Quatre  montèrent spontanément à bord.

 

D’autres s’enfuirent à bord du petit navire qu’ils avaient construit mais furent bien vite capturés.

Tous furent mis dans une cage nommée par dérision la « boîte de Pandore ».

 

Le mutin Morrison la décrivait comme suit :
9          
pieds de long et 18 pieds de large  ( 3 mètres sur 6) ; par temps calme, la chaleur nous faisait suer, ce qui développait de la vermine dont nous ne pouvions plus être quitte.

Heywood  l’aspirant écrivit  à sa sœur :

 

Nous fûmes isolés,   pieds et poings  menottés.

Dans ces conditions nous mangions, buvions,  dormions et obéissions aux besoins de la nature, de sorte que vous  pouvez vous faire un idée de la triste situation où j’étais.

 

Restaient  neuf derniers mutins et la « Bounty ». Edwards les rechercha en vain durant 4 mois autour  des îles Cook, Samoa  les Iles de la Société  mais ce en vain.

Le 29 août  1791, la «Pandora »  heurta un récif dans le Détroit de Tores et coula avec 31 hommes d’équipages  et quatre mutins  ( il faut dire que ces derniers étaient toujours enchaînés dans leur réduit ).

 

Alors, les survivants se réfugièrent sur une bande de sable,  subsistant d’un seul verre de vin ou d’eau par jour et deux onces de pain, mais sans abri.

Le capitaine  fit dresser des tentes pour lui et ses hommes, mais les mutins n’eurent comme ressource pour se protéger  que de s’enfouir dans le sable, seule solution  possible pour protéger d’un soleil ardent leur épiderme fragilisé  par un séjour de 4 mois dans  l’obscurité de leur prison.

De nouveau, c’est avec des chaloupes et après un voyage de  2200 kilomètres faits en16 jours  qu’ils arrivèrent à Batavia  pour prendre un passage vers Capetown et l’Angleterre.

Les 10 mutins survivants furent mis à bord d’un navire militaire et dirigés vers l’Angleterre où ils furent jugés.

Sur les 10, six furent reconnus coupables et 3 furent pendus les autres étant graciés …le capitaine Edwards fut innocenté pour la perte de son navire.

 

La « Bounty » et sa filmographie.

 

A ce jour, cinq  films ont été tournés :

 

1 « The Muntiny  on the Bounty »  en 1916 film australien qui n’existe plus que sous forme de  cellulo  et qui mettait en opposition la fermeté  que  Blight  montrait   comme capitaine  et la tendresse  qu’il prodiguait dans sa vie familiale.

 

2 « In the wake of the Bounty » ( Dans le sillage de la « Bounty »  en 1933  avec Errol Flynn  qui était un Tasmanien  et qui fit ses débuts comme acteur dans le rôle de Fletcher.

Le point le plus important de ce tournage fut la remise au metteur en scène  du livre de bord de la « Providence »  ce navire qui sous le commandement de Bligh, réussit l’opération « arbres à pain ».  Cette relique est actuellement à la Bibliothèque Mitchell de Sydney.

 

3 « Mutiny on the Bounty »  en 1935, avec  Charles Laughton et Clark Gable, heurtant violemment leurs caractères opposés,

tant dans leurs personnages que dans leur travail d’acteurs.

Un exemple : si Laughton voulut que son uniforme soit fait par un tailleur militaire de  Savile Row, Gable refusa  longtemps de couper sa moustache  comme le faisaient les marins de l’époque.

Mais c’était Laughton qui tenait le rôle principal et des les premières séances du film, sa réplique cinglante : «  Mr Christian, venez ici »  était reprise dans les revues et cabarets,   tout comme de nos jours : «  Pourquoi tu tousses, Tonton ? » 

Le film eut un grand succès : en six semaines, 600.000 personnes le virent.

Pour ce film,la « Bounty » et la  «  Pandora » furent reconstruites, mais les arbres à pain étaient de papier mâché, car les douaniers zélés de Californie avaient détruit ceux envoyés de l’étranger.

 

4 “Mutiny on the Bounty”, en 1962  avec  Marlon Brando,  Trevor Howard et Tarita .  

 

Si la réplique de la « Bounty » de 1962  est actuellement au Musée de St Petersburg,  tout le monde s’accorde à dire que ce film  fut le dernier grand rôle de Brando.

 Il consacra les 6 millions de dollars de son cachet à l’achat d’une île Tetiaroa et épousa une des actrices de la version de 1937.

 

5 « Bounty » , en 1984, avec Mel Gibson, Anthony Hopkins et Laurence Olivier.

 

Pour illustrer cette causerie, j’ai emprunté quelques images à chacun des trois films,

 

à savoir :

 

Le Capitaine Bligh, version  1935

 

La version  1962

 

 

Et la version 1984 .

Et  le docteur bon enfant   en version  1935

 

 

Et  sa trousse médicale …..

 

Et en version 1984, nettement plus éthylique .

 

 

La fameuse scène de la chaloupe et des pots qui flottaient sur

l’eau.

Les rois de Tahiti.

 

Version   1935

 

Version 1962

  

 

 

 

Version 1984.

 

Et leurs filles.

Version 1935

Version 1962

 Et 1984 …

 

Evidemment, tous ces films prirent des libertés avec ce que l’on croit être la vérité.

 

Mais le but d’un film est de laisser une impression et de faire passer un moment agréable aux spectateurs.

 

Tout comme également cette causerie, réalisée avec l’aide des écrivains:

GREG DENING C.  Auteur du Mr « Bligh’s Bad language ».

JULES VERNES , «  Revoltes de la Bounty ».

Yves KIRCHNER  « L’histoire vraie des mutins de la Bounty ».

Ch NORDOFF et JN HALL : « Les rescapés de la Bounty ».

Sir John BARROW : « Les mutins de la Bounty ».

Capitaine William BLIGH : « Journal de bord de la Bounty ».

 

Et les auteurs des nombreux sites consultés sur le Web.

 

Sans oublier  Bill Gates et ses programmes «  Word » et « Power Point ».

 

Et Paul Gandibleux  qui m’a expliqué et expliqué  avec  compétence et patience  le maniement de ce programme et qui  a, ce soir, mis gracieusement son équipement à votre disposition.

 

Merci de les applaudir  tous.

 

 

Marc Meyskens

17.05.2004.